Belle ou poubelle? Après deux ans d’absence, Kinshasa n’a pas vraiment changé
Publié le 18 juin 2010 dans Kinshasa par Cédric

Deux ans après, rien n’a bougé. Enfin… presque. Je retrouve ma ville comme je l’ai laissé. Kinshasa reste cette ville survoltée, avec ses débrouillards, ses joies et ses prises de tête.
Bienvenue en RDC
A sa manière, l’agent de l’immigration qui vérifie mes papiers me souhaite la bienvenue « ata mwa eloko po na bana ndeko na ngai… » Traduction : « un petit billet pour les enfants, s’il te plait mon frère. »
A quelques pas de là, six agents du service d’hygiène expliquent à ma voisine durant le vol qu’elle avait commis une faute grave « vous n’avez pas votre carte de vaccination, suivez-nous au bureau. » La jeune fille est toute intimidée. Il faut dire qu’elle revient pour la première fois au pays après 11 ans passés au Canada. Son lingala est un tout petit peu rouillé. Elle n’avait que 10 ans lorsque ses parents ont décidé de partir. Son passeport canadien en poche, elle revient visiter « son pays ». Ne sachant pas comment réagir, elle m’appelle au secours. J’interviens alors, me faisant passer pour son compagnon.
La discussion se poursuit dans le bureau du service d’hygiène de l’aéroport, un box en bois d’environ 20m2. « Asseyez-vous », nous somme le chef du service, nous indiquant deux chaises en plastique blanches, face à son bureau en bois délabré, sur lequel traine une pile de papiers. « Savez-vous que c’est une infraction de voyager sans sa carte de vaccination ? Vous devez payer une amende. Ce sera 60 dollars… » Je lui réponds que je suis prêt à payer mais que j’avais besoin d’un quittance officielle. « On peut s’arranger », me rétorque-t-il. « Donnez 20 euros et on n’en parle plus… » Nous sortons du bureau après 30 minutes de négociations. J’ai dû brandir mon statut de journaliste et la menace de dénoncer l’incitation à la corruption de l’agent. Finalement, nous n’avons rien payé.
Dans le hall, en attente des bagages, décor habituel. Voyageurs, policiers et des dizaines de badauds se disputent la meilleure place pour récupérer les bagages qui arrivent au compte-goutte. Les rôles sont bien repartis. « Donnez-moi vote ticket, je peux récupérer vos bagages plus rapidement », propose un agent de police. Bien sûr, cette faveur coûte quelques dollars. Ensuite, ce sont les « porteurs » qui vous proposent leurs services. Je refuse de payer, mais la demoiselle qui attend à un mètre de moi accepte de le faire. Elle est américaine, peut-être anglaise. Vu son air paumée, elle doit être là pour la première fois. Sans doute une employée d’une ONG internationale. Elle s’en sort pour 20 dollars américains. Une vingtaine de minutes plus tard, l’agent de police lui apporte ses affaires. Le radin que je suis a attendu deux bonnes heures.
A la sortie, les agents de la douane veulent fouiller mes valises. « D’accord à condition que vous mettiez des gants », ai-je répondu. « Je n’ai pas de gants… donne-nous quelque chose et on n’en parle plus… » Je refuse de payer. Ils comprennent qu’il n’y a pas de marge de négociation et renoncent. Après cette étape, je me retrouve à l’air libre et vais rejoindre ma mère qui m’attend dans le parking de l’aéroport. Retrouvailles émouvantes.
Mes valises dans la voiture, je remplis une dernière formalité : un non catégorique au militaire au béret rouge qui s’approche pour me demander de l’argent. « Ce n’est pas à moi de te payer et je ne suis ni ton patron, ni un porte-monnaie à quatre pattes papa ! »
Mon avion a atterri à 18 heures 10 minutes, mais c’est à 21 heures 30 que je quitte l’aéroport international de Ndjili. Bienvenue chez toi Cédric…



c’est de pire en pire non?
Eh bien , c’est fou ce que tout le monde se rend bel et bien compte que Kinshasa reste la même malgrés tous les prospectus géants et autre tapages médiatique.
Le plus drôle dans l’histoire c’est qu’en dépit de l’époque, ca ne change pas.
Pour finir, n’oublie pas tes 50 US$ à ton retour pour la taxe IDF connu sous le mon GO PASS qui devrait moderniser les poches, l’aéroport INTERNATIONNAL de la Ndili j’allais dire.
Bienvenu chez toi mon frère.
Les Congolais doivent rompre, refuser, oublier, abandonner cette culture de Sombela ngai, Pesa ngai, Kabela ngai, et terminer par Tindela ngai pour nous qui sommes à l’extérieur du pays. Tout le monde a peur de téléphoner au pays pour s’enquérir des nouvelles simplement parce que ça sera la série de problèmes qui n’en finissent plus. Il y a moyen de vivre pauvre mais digne.
Ayons le courage de démissionner quand le salaire n’accompagne pas le travaille fait. Pourquoi les Congolais acceptent-ils d’évoluer dans la mendicité? C’est un défaut énorme.
Cédric osalaki bien kopesa batu wana eloko te, bravo. Nous ne devons pas encourager le mal. Le soir tous ces agents vont se retrouver dans des nganda entrain de dilapider les fruits de la mendicité.
Biso pe na poto heure tokutanaka na ba problèmes tolelaka epayi ya nani? Toza ba Nzambe te, ba nzete te, toza batu. Ba ndeko nabiso oyo batikalaki na mboka bakanisaka oyo nionso alongwa na mboka aza na vie ya bien, aza na mbongo. C’est vrai ba oyo baza na mbongo bazali ba oyo pe bazokelela ba zali.
Oyo aza na matoyi yakoyoka ayoka.
Salut Cédric,
Bon retour au pays. Je vois que tu n’as rien perdu de ta verve. Pas étonnant après deux ans au pays des forts en g*****.
Mais faut quand même admettre que Kin a bien changé en deux ans. Pas toujours pour le meilleur mais les grandes artères sont méconnaissables. Je n’y passe que tous les 2 ou 3 mois mais à chaque fois, je suis surpris par le changement.
Entouka, on est bien content de te lire.
On est là. Fidèles au poste.
Cabiau
Welcome back!!! Heureuse de vous lire Cédric! Les Leki sont efficaces, mais vous me manquiez quand même!!!Au plaisir d’avoir vos impressions, après avoir pris du recul. All the Best.
Merçi pour le tableau Cedric, j’ai laissée le Congo il y a 28 ans et pas deux comme toi mais même avec ce recul là…….cest toujours la meme chose. Bonne vacances chez toi, je voudrais bien être a ta plaçe malgré les tracasseries, profite de Kin et raconte nous comment cela te vas.
TON BLOG EST FANTASTIQUE.
Oh! Cedric, pour récupérer les valises à Kin c’est le calvaire. J’étais à Kin au mois de Mai. Les eutorités qui nous lisent n’ont qu’à trouver une solution. Il n ya que le voyageur qui doit avoir axé au tapis. Mais chez nous c’est la CATA.
Ce que j’ai trouvé de positif c’est l’investissement de nos compatriotes de l’étranger (Joueurs, businessman, Boulistes…), car maintenant on peut entendre par-ci ndako ya…. par là immeuble ya…
Il y a aussi le boulevard qui vient de revêtir sa veste de fête après 50 ans. A déplorer! Nos chauffeurs ne se retrouvent pas. Le code de la route échappe à plus d’un au bénéfice de nos BR. match te!!! Il y a quand même quelques réalisations et d’autres sont en cours. Mais c’est le retard dans la réalisation qui rend malade: on attend plus que ça pour espérer avoir une Ville à 5 étoiles, ville de rêve.
Ce pays a 129 ans d’âge,il a été construit en quatre-vingts ans. Les congolais l’ont détruit en trente-sept ans et l’on voudrait qu’il se reconstruisit par un coup de baguiette magique.
Il faut un peu de tout pour reconstruire la RD Congo et aussi des personnes de mauvaises fois.
Ce pays a été construit par une institution financière privée,la Société Générale de Belgique et CCCI dont un building matérialise encore la présence passée sur le Boulevard du 30 Juin en face de la grande poste. Ces sociétés faisaient un investissement idustriel en mettant leur argent pour le développement du Congo. Aujourd’hui le pays s’endette avec des taux d’usure impossible. C’est un exploit ce qui se fait aujourd’hui au Congo. Les opposants ne seront jamais satisfaits. Avec un peu d’habitudes on se passerait bien de leur avis. Mais tout fait nombre pour bâtir une démocratie.
On dit que le port d’entrée d’un pays est a son image.
Voyagez au Mexique, au Peru, au Chili, au Bresil ou en Inde, vous verrez que c’est beaucoup mieux. J’ai eu la chance de vivre dans ces cinq pays. En Inde, par example, dans l’avion, on exige que vous remplissez un formulaire, avec les donnees comme but du voyage, etc… Pas de probleme la. C’est comme cela dans beaucoup de pays
A l’immigration, les gens ne sont peut etre pas polis, mais si vous avez un visa en regle, on met le cachet et on vous laisse passer. On vous remet aussi le bout du formulaire que vous avez rempli qui declare combien de valises vous avez. A Kinshasa, on vous demanderait de l’argent, soit avant ou après le cachet. Souvent, on oublie de mettre le cachet, qui vous exige de faire des demarches supplementaires. Cela est arrive a un ami Belge qui a voyage avec moi. A propos, dans beaucoup de pays, c’est juste un cachet.
Une fois passé l’immigration, vous recuperez vos valises, et vous vous dirigez aux douanes. Vous recuperez vos valises comme en Europe, avec des chariots. Personne ne vous derange. Pas de porteurs a l’interieur de l’aeroport.
Deux lignes, “to declare » et “nothing to declare”. Si vous n’avez rien a declarer, vous allez bien sur la ou il n’y a rien a declarer. Mais la, on fait passer tous les baggages dans la machine. Ceci est parce que les Indiens importent beaucoup de choses et essaient d’eviter de payer la douane. Ils sont aussi dans les magouilles comme les Congolais. Sinon pas de problemes. Apres la douanes, vers la sortie, un autre agent verifie le bout du formulaire dont j’ai parle, et verifie que s’il etair marque 2 valises, que c’est bien deux valises que vous avez.
De la, il y toute sorte de personnes qui vous convoitent, soit pour le taxi, soit pour l’hotel, etc..Une fois dehors, c’est chaotique, beaucoup de sollicitaions.
Ceux parmi nous qui ont beaucoup voyage a l’etranger aussi bien dans les autres pays du tiers monde que dans les pays developes, voient le sous development dans notre aeoroport, et cela nous fait mal et nous fait honte. Malheureusement, nos ministres ont oublie, qu’ils avaient subi ceci avant de devenir ministre. Ceci durent aussi longtemps que je m’en souvienne, et j’ai 55 ans.
Cedric, cette jeune compatriote du Canada, se dira peut etre a son retour au Canada. “Ouf, c’est propre et bien organize ici…Content d’etre de retour au Canada”
Le gros problème de cet espace de ndjili aéroport, il y a du monde et chacun cherche à soutirer aux voyageurs quelque chose.
Il y existe un désordre organisé et voulu par les responsables justement. Il faut y mettre un peu d’ordre et que les voyageurs sachent dans quel guichet se présenter pour tel problème, c’est facile à remettre les choses en place.
Ils ont mis leurs guichets de la banque BIAC où nous payons les cinquante dollars mais tout voyageur le fait sans intermédiaire et sans problème.
Oyo aza na matoyi yakoyoka ayoka.
Il est toujours difficile de mettre en doute les propos d’un témoin oculaire. Des gens très proches viennent de séjourner au Congo,ils ne confirment pas avoir été rançonnés par les agents de l’immigration congolaise ou de la douane ni à l’arrivée ni au départ du Congo.
On peut se souvenir de la foule qui attendait au bas des avions il y a quelques années. Aujourd’hui l’accès à l’aéroport est réglementé. Si des personnes se plaisent encore à vouloir donner quelque chose pour être servi plus rapidement,ils ont tort et ils ne pourront s’en prendre qu’à eux mêmes des inconvénients à venir générés par leur comportement incivique.
Il serait plaisant que des personnes relèvent de temps en temps les changements notables si minimes soient-ils qui s’opèrent au Congo. Dire que rien ne change ou rien n’a changé équivaut à un positionnement politique qui vous cantonne dans l’opposition. Dès lors l’on peut comprendre qu’il est répondu à l’attente d’un lectorat friand d’informations négatives sur le Congo.
Au Congo les partis politiques ne sont pas seulement au parlement de la République,chaque groupement à type de ONG se constitue en force d’opposition contre le gouvernement congolais et sa jeune démocratie. On peut légitimement se poser des questions sur les motivations de ces associations qui servent de Cheval de Troie à des illustres adversaires du seul gouvernement légitime que le Congo ait jamais eu. La vigilance des démocrates s’impose.
Bonjour CEDRIC KALONJI,
A TOUS MES COMPRATIOTES CONGOLAIS,
Je viens de lire ton message(histoire) sur le traitement malheureux que tu as subit à l’aeroport de Njili( Kinshasa, RD Congo). C’est vraiment triste de lire ton histoire qui contredit certains medias de la RD Congo et autres compatriotes pro-pouvoir qui ne voient que du bien là où il ya le mal dans la majorité des affaires au Congo.
EN Bref, selon mes propres temoignages et investigations auprès de mes frères et soeurs qui vivent sur place au RD Congo, LA VIE DES CONGOLAIS EST EN RUINE,LA VIE EST VRAIMENT INSUPPORTABLE DANS TOUS LES DOMAINES. Pour mieux vivre au Congo il faut être mwana ya famille ya AMP,KABILA ET SES COLLABO. Les cinq chantiers n’existent pas ou semblent d’etre existé dans certains coins du pays.
NB: a)= Est-ce que tous les compatiotes congolais peuvent faire la lecture profonde sur le discours de Joseph Kabila sur ses promesses aux Congolais lors de son discours le 6 Decembre 2006 et comparer avec la réalité des choses sur terrain vis à vis de ses promesses?
La question est celle de sa voir qui sont ces Congolais qui se font encore manupiler par la politique des mensonges de ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui??? En commençant par J.Kabila suivi par tous ses alliés et collabos, ils sont au pouvoir pour ne pas servir le Congo et sa population mais plutot pour se servir au detruiment des Congolais.
b)= J’étais à Bukavu (Est du RD Congo)en juillet 2009 et j’ai vu personnellement les misères aigues des mes compatriotes, ils souffrent beaucoup en les voyant dans leurs vie quotidient, la ville de Bukavu est ruinées malgré la présence isolé des certaines maisons construites ici et là sans un bon plan en cadastre, une petite route de long d’au moins 3 Km asphalté qui ne reflecte pas les richesses de cette partie du pays. Vraiment, mon frère CEDRIC Kalonji, j’ai vecu aussi un vrai cochemar avec les agents de l’immigration à la frontière Rwanda-RDC: même sort, ils travaillent pour leurs survis mais pas pour le pays.
La RD Congo ne merite pas d’être humilié si bas comme elle est aujourd’hui dans tous les domaines. Partout au RD Congo aujourd’hui il ya des serieux problèmes dans tous les domaines.
Le changement radical du regime actuel et des mentalités sont deux choses importantes qui sont très urgentes pour faire batir notre pays plus bon qu’avant.
John B.
Cher Cédric,
Comme ça fait plaisir de te lire et voir comment tu nous racontes les péripéties de ton voyage, mais qui sont aussi le lot commun lorsqu’après un long séjour à l’étranger on revient en terre des ancêtres. J’aprécie beaucoup ton attitude de ne pas encourager la corruption. C’est la même attitude que j’avais lorsqu’après quinze ans je suis revenu voir mes parents, frères et soeurs à Kinshasa. En tout cas merci pour le travail que tu fais à ton niveau… pour un Congo meilleur.
A très bientôt
Boyel Bruxelles
Salut Cédric,
Pauvre toi, trois heures coincé à l’aéroport dans ton propre pays ! du jamais vu ! Néanmoins, c’était sympa de ta part d’aider cette jeune fille dépaysée.
C’est vrai que tu racontes bien tes histoires..tu devrais écrire un bouquin tu sais..sur le pays et tes suggestions pour un changement positif, ça serait comme un antidote à la médiocrité, et un stimilus au changement, en mentalité et consors..juste une idée, mais si tu le fais, fais le en français et en lingala.
Heureuse de te relire !
Christie
Merci Cedric de ton recit.
C’est dommage que cette situation perdure d’année en année et que la fameuse « tolérance zero » ne se limite qu’au slogan.
Mais quelque part, je ne condamne vraiment pas nos dirigeants qui,eux, ne vivent pas ce que nous autres, petites gens, vivons. Ils entrent et sortent de l’aéroport par une autre porte en se foutant completement de se qui se passe de l’autre coté. L’inauguration recente d’une salle VIP reservée aux priviligiés, qui du reste ne payent pas la fameuse IDF, en est une éloquente demonstration.
Bref, ne nous plaignons pas trop car quelque part nous avons les dirigeants que nous méritons !!!!!
Et le plus triste dans tous ca, c’est que c’est VRAI!
Bienvenue chez nous Cedric!
Triste réalité,il est vrai que cela pourrait paraitre exagerer mais j’ai envie de te dire cher ami peux-t-on vraiment les blamer? Qui a leur place et surtout dans leur situations ( sous payés ou voire pas du tout depuis des mois..) n’aurait pas reagit pareille a la vu de ces touristes expatriés,etc? Qui n’aurait pas tenter de leur soutiré quelques francs?
La « faim » justifie les moyens… Comprenez les!