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Goma: Quand l’espoir de paix renaît…

Publié le 21 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Goma : La société civile salut la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et le CNDP

Buvons et dansons car la paix revient, c’est l’intention que j’ai prêté à ces motocyclistes roulant à vive allure dans les artères principales de la ville de Goma. Pourquoi se réjouissent-ils? Une aile du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) a signé une déclaration de fin de la guerre avec le gouvernement, dans la soirée du 16 janvier dernier. Cette nouvelle a réjoui les habitants de la ville de Goma et de la province toute entière.

Parmi les fêtards que j’ai pu croiser, il y a Jean-Marie, cultivateur en temps normal et actuellement vendeur de chaussures usagées à Goma. La guerre a tout bouleversé dans la vie de cet homme. Fuyant les exactions et les mauvais traitements infligés par les hommes armés engagés dans les conflits, il a abandonné sa famille dans le Masisi, regagnant Goma pour s’y réfugier. Ceux qui sont restés sont contraints de partager leurs récoltes avec différents groupes armés.

Jean-Marie a toujours rêvé de regagner son village pour retrouver les siens et reprendre le travail sur ses terres. La signature de cet acte de paix est une bonne nouvelle pour lui mais il reste sceptique. « Les politiciens congolais nous roulent souvent dans la farine. Nous en avons vu des accords qui ont avorté et qui n’ont jamais été appliqués. J’espère que cette fois-ci sera la bonne », m’a-t-il lancé.

Ils sont nombreux à caresser le rêve d’un retour de la paix dans les Kivu. J’espère que les démons à qui la guerre profite tairont enfin leur égoïsme et leurs intérêts personnels pour laisser vivre en paix cette population meurtrie.

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Goma : Les débrouillards qui alimentent la ville en eau

Publié le 8 jan 2009 dans Goma par Yves Zihindula

Vendeur d'eau dans une rue de Goma

Comment se faire de l’argent lorsqu’on habite la ville de Goma, qu’on est chômeur, que la compagnie chargée de la distribution d’eau potable tourne au ralenti et qu’il y a un lac à proximité ? Les jeunes Gomatraciens ont trouvé la réponse :

  • Un vélo,
  • Quelques bidons en plastique,
  • Une branche et des cordes pour attacher les bidons au vélo,
  • Une bonne dose de courage et la force d’aller puiser l’eau du lac Kivu,
  • Et enfin une bonne campagne marketing pour revendre l’eau ainsi récoltée à la population des quartiers privés d’eau.

C’est depuis l’éruption volcanique de 2002 que l’eau ne coule plus des robinets de certains quartiers. La Regideso ne dessert plus que des quartiers jugés « stratégiques ». Conséquence : le nombre de ces cyclistes vendeurs d’eau a galopé dans la ville. J’en croise partout dans les rues de mon quartier.

Le prix d’un bidon d’eau varie entre 100 et 150 francs congolais. Pour les cyclistes robustes, pouvant transporter plusieurs bidons par jour, le gain est assuré. Ils se retrouvent ainsi tous les jours avec une somme variant entre 2000 et 7500 (environ 3 et 12 dollars américains). Un budget suffisant pour nourrir une famille.

Dans le registre des difficultés rencontrées par ces jeunes débrouillards, un cycliste m’a laissé entendre que les militaires (marins) qui montent la garde sur les rives du lac Kivu font payer une taxe de 20 francs congolais par bidon d’eau puisé. Pas de quittance en échange, preuve que c’est une taxe totalement illégale.

Si on peut se réjouir des services rendus par ces vendeurs, il y a aussi lieu de s’interroger sur la qualité de l’eau provenant directement du lac et sur les risques liés aux maladies hydriques. Les vendeurs ont d’autres soucis que de désinfecter leur marchandise. Pour leur part, les consommateurs ne prennent pas toujours les précautions nécessaires pour débarrasser l’eau du lac des microbes qu’elle pourrait contenir.

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Kinshasa : A la découverte des « Malewa »

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par Yves Zihindula

Un plat Kinsois servi dans un restaurant

Il est midi à Kinshasa. Sous une chaleur suffocante, nous allons manger dans un malewa (les Kinois utilisent ce mot pour désigner des petits restaurants de rue), en groupe avec les autres correspondant BA LEKI en formation à Kinshasa. Une découverte pour moi et les autres du groupe qui venons des provinces et qui ne connaissons pas très bien comment les choses se passent dans la capitale. Les Kinois du groupe connaissent et semblent apprécier. Nous nous laissons donc entraîner.

Quelques minutes de marche, et nous nous retrouvons dans l’espace d’une parcelle clôturée par des morceaux de tôles rouillés. Quelques filles font des va-et-vient, se faufilant entre les tables couvertes des tissus sur lesquels est imprimés le logo de l’une des sociétés brassicoles. Elles servent à boire et à manger aux nombreux clients. Je m’arrête devant les mets proposés. Le choix est large et les prix abordables. Je choisis de manger du mpiodi (poisson braisé), du pondu (feuilles de manioc) et du foufou, une pâte à base de farine de maïs et de manioc. Un vrai régal!

Pour un lieu fréquenté par des Kinois, réputés amoureux de la musique, je trouve un peu bizarre qu’il en manque. L’ambiance est tout de même bonne. On discute, on mange, on négocie divers articles proposés par des vendeurs ambulants.

Une chose est sûre, je reviendrai manger dans ce restaurant à l’ambiance particulière.

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Goma : Dans les allées du marché Alanine

Publié le 20 déc 2008 dans Goma par Yves Zihindula

Essayage d'une veste

Le marché Alanine, entouré d’habitations se distingue dans Goma. Il se trouve précisément dans le quartier Katindo aux abords de la grand-route Goma-Sake dans la commune de Goma. Pommes de terre par ci, bisamunyu (bananes plantains) par là, différents parfums vous accueillent. Marchandises et services, il y en a une multitude. Couturiers, cordonniers, restaurateurs et coiffeurs se côtoient au quotidien.

En cette période de fêtes, les vendeurs d’habits usagés ont le vent en poupe. Me promenant dans les allées, je surprends un client négociant le prix d’un pantalon de seconde main. Les prix sont à la hausse.

  • « Je ne peux pas vendre ce pantalon à ce prix. je préfère plutôt le donner à l’un de mes fils » lui lance Jean-Pierre le vendeur.
  • « Je n’ai pas plus d’argent. En plus, ce pantalon n’a aucune «griffe» (entendez, une marque d’un couturier célèbre). Pire, il vient de l’Asie. Je comprendrais s’il provenait d’Europe », rétorque le client.

La sape, ce goût des grandes marques est bien au rendez-vous à Goma comme ailleurs dans le pays. « Les jeunes préfèrent les vêtements griffés. Cette saison, je n’en ai pas trouvé », se plaint Jean-Pierre. Pour contourner ce désavantage, il triche en recourant à son stock d’étiquettes Tommy Hilfiger, Caterpilar Jeans, Gianni Versace,… qu’il greffe ensuite sur sa marchandise, histoire de lui donner un peu plus de valeur.

A voir comment les choses se passent dans ce marché et ailleurs dans la ville, personne ne croirait qu’il s’agit de Goma, une ville assiégée et sous couvre-feu de 23 heures à 5 heures du matin.

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