Vous parcourez les archives de Boyomais

La bible, arme congolaise pour arrêter la guerre

Publié le 13 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un soldat-prêcheur dans une rue de Kisangani

Couvert de son uniforme militaire, haut-parleur sur l’épaule gauche, Bible dans la main droite, il sillonne les artères de la ville de Kisangani pour « prêcher la parole de Dieu ». Ce matin, le Pasteur Rams est passé par la rue sur laquelle je réside. Belle occasion pour pouvoir m’entretenir avec cet évangéliste un peu particulier.

45 minutes auront suffi à l’ « homme de Dieu » pour son homélie et surtout pour recueillir quelques billets en guise d’offrande pour « l’avancement de l’œuvre de Dieu. J’ai attendu que le soldat pasteur en finisse avec son show pour me rapprocher et lui poser quelques questions.

  • Moi : Comment puis-je vous considérer ? Militaire ou évangéliste ?
  • Le Pasteur : Je suis militaire au front. Ici, je fais le travail du seigneur. Je suis donc évangéliste.
  • Moi : Et la mission vous confiée par l’Etat congolais, à savoir celle de la défense de la patrie, qu’est-ce que vous en faites ?
  • Le Pasteur : C’est qui est au dessus de tout, c’est le royaume des cieux. Je suis en train de préparer les Congolais à pouvoir y entrer un jour et d’y vivre éternellement. Si tous les Congolais croient en Dieu, c’est Dieu qui combattra pour eux car il est écrit : « toute arme forgée contre toi sera nulle et sans effet. »
  • Moi : Autrement dit, seules la prière et la foi en Dieu peuvent arrêter les crimes graves qui se commentent au Kivu notamment les viols, les incendies des villages, les massacres des populations civiles, …L’armée aussi dont vous faites partie devrait-elle donc se contenter de sa seule foi en Dieu ?
  • Le Pasteur : Puisque vous semblez douter de la force de la prière et de l’espérance en Dieu, je vais vous dire ma petite histoire : 37 rebelles m’ont fait prisonnier à l’Est du pays et Dieu est intervenu pour dire à leur chef de me laisser sain et sauf car je suis son serviteur. Imaginez si tous les soldats congolais au front étaient des serviteurs de Dieu…
  • Moi : Il n’y aurait plus de guerre ?
  • Le Pasteur : Il n’y aurait plus que la paix !!

Cet entretien me fait réaliser pour une énième fois la déviation engendrée par la foi, telle que vue et appliquée par les congolais. Ils sont déjà nombreux à choisir la prière à la place du travail ou des médicaments lorsqu’ils sont malades. Et lorsqu’un soldat soutient haut et fort qu’il vaut mieux prier plutôt que défendre sa patrie, ça fait froid dans le dos…

Mots-clés : , , ,
66 commentaires »

Isangi: Pour les débrouilards, pas de retraite!

Publié le 7 mai 2009 dans Kisangani par Boyomais

Une vendeuse de pots en argile dans une rue d'Isangi, province orientale

Située à l’ouest de la ville de Kisangani, la cité d’Isangi n’est pas épargnée par la crise multiforme que connaît le Congo. Ici, le fameux « Débrouillez-vous » de l’article 15 Zaïrois s’applique à tout le monde. Hommes ou femmes, jeunes ou vieux, un même mot d’ordre pour tous : se débrouiller pour survivre.

Malgré le poids de l’âge sur ses épaules, Tata Zabibu, née probablement née autour des années 1925 ne ménage aucun effort pour nourrir sa grande famille. Fabriquer des marmites avec de l’argile est le seul héritage que sa mère lui a légué. « Ce métier est un patrimoine familial. Nous le tenons de nos aïeux », confie-t-elle, avant de jeter de la salive sur le sol en guise de gratitude envers ses ancêtres.

« Pour fabriquer mes marmites, j’ai besoin d’argile que je mélange avec du sable. Pas besoin de chercher la main d’œuvre ailleurs, mes petits-fils travaillent avec moi. » Deux fois par mois, elle parcourt environ 5 km pour aller à la recherche de sa matière première.

La concurrence des marmites importées n’arrange pas le business de la vieille femme. « A l’époque de mes parents, les marmites en argile n’avaient pas de concurrence sur le marché. Mais, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La modernité et les blancs bousculent nos traditions. Très peu de gens sollicitent encore nos poteries » se plaint-t-elle.

Les difficultés du quotidien et le poids de l’âge ne font pourtant pas fléchir Tata Zabibu, chevronnée de la débrouille qui transmet son savoir-faire à sa descendance. Les promesses politiques augurant des jours meilleurs, elle n’y croit pas du tout. A son âge, elle en a sans doute entendu plusieurs sans voir de concrétisation.

Mots-clés : , , , ,
10 commentaires »

Tracasseries policières et militaires sur la route Buta

Publié le 25 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Un commerçant sur la route Kisangani - Buta

Érigeant des barrages tous les 50 kilomètres, policiers, militaires et autres agents de sécurité font vivre un véritable enfer aux usagers qui empruntent la route reliant la ville de Kisangani à la cité de Buta. Sous prétexte de contrôles de sécurité, ces agents véreux rançonnent tous ceux qui s’aventurent sur ce tronçon routier.

La cité de Buta est située à quelques 364 km de la ville de Kisangani. De nombreux commerçants effectuent régulièrement des va-et-vient entre les deux villes. Buta constitue un marché pour les commerçants de Kisangani qui s’y rendent pour écouler certains produits comme du sucre, des vêtements, carburant ou encore de la bière.

A l’aide de son vélo, Freddy transporte des casiers de bières achetés à Kisangani et qu’il va revendre à Buta. Durée du voyage : 7 jours. Pédaler aussi longtemps n’a pas l’air de le déranger mais l’érection des barrières est une contrainte en trop pour ce jeune commerçant. « Ces agents ne se contentent pas de vérifier notre identité et notre marchandise mais exigent que nous payions avant de franchir leurs barrages » se plaint-il.

Si la présence d’agents de l’état rassure sous d’autres cieux, elle fait peur au Congo. Ça fait des lustres que policiers et militaires pratiquent impunément ce qui peut être qualifié de banditisme officiel. A défaut de salaires, ils utilisent leur uniforme et leurs armes comme permis de rançonner. La population civile dans tout ça ? Elle a le choix entre obtempérer et se débrouiller pour contourner les difficultés engendrées par le comportement incivique de ceux qui portent l’appellation d’agents de l’ordre.

Mots-clés : , ,
1 commentaire »

Les chinois attendus sur la route d’Opala

Publié le 16 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Route Opala - Kisangani

Située à la rive gauche du fleuve Congo à Kisangani, la Route Opala est d’une très grande importance pour l’approvisionnement de la troisième ville congolaise en produits vivriers. Chaque jour, en vélo, en moto ou en camion, les transporteurs des diverses marchandises empruntent cette voie pour ravitailler Kisangani en bananes, riz, poissons, viandes, escargots…

Actuellement, c’est plus une piste boueuse qu’une route qu’empruntent les plus téméraires des commerçants et débrouillards. Pas besoin donc d’être un savant pour comprendre la montée en flèche des prix des denrées de première nécessité.

A en croire les usagers de cette route, plusieurs facteurs justifieraient le délabrement avancé de ce tronçon routier. L’amateurisme de ceux qui l’avaient réhabilité sous peu ainsi que le manque d’entretien constituent les deux principaux problèmes. Sans doute encore l’œuvre d’une entreprise fictive qui a empoché des millions pour un travail bâclé.

Ici aussi on attend qu’arrivent les 5 chantiers promis lors de la campagne électorale il y a un peu plus de deux ans. Avant le retour du messie, ce sont les chinois qui sont attendus avec impatience.

Entre temps, les gens du coin, jeunes et vieux, hommes et femmes de tous les âges affrontent les pistes et se débrouillent pour contourner les difficultés. Ils appliquent bien les prescriptions du maréchal qui recommandait la débrouillardise à toute la population zaïroise de l’époque. Une interrogation au regard de l’état catastrophique des choses à ce jour, le fameux article 15 (débrouillez-vous) n’atteint-il pas ses limites ?

Mots-clés : , , ,
5 commentaires »

Le vélo champion du transport en commun

Publié le 6 avr 2009 dans Kisangani par Boyomais

Embouteillage de vélos à Kisangani

Dans le centre-ville de Kisangani, des vélos se comptent par milliers. Tous les matins, une dizaine de policiers de roulage se déploient au rond point carrefour du Boulevard du 30 juin pour en réglementer la circulation. Ce sont eux qui dominent tout le trafic et régulent même le déplacement des rares voitures Boyomaises.

Antoine, un ami belge en séjour à Kisangani pense que « Kisangani fait partie des rares villes qui polluent moins l’environnement, vu le nombre de vélos, engins non polluants, utilisés dans la ville pour le transport des personnes et des biens. »

Kisangani, 3ème ville de la république démocratique du Congo, compte près de 700 000 habitants sans moyen de transport en commun. Le bus ou le taxi-bus sont encore des luxes que la plupart des Boyomais ne peuvent s’offrir.

Campagne électorale oblige, à la veille des élections de 2006, Kisangani avait reçu un lot de quelques bus pour assurer le transport urbain. Pas un seul n’a résisté à ce jour à la concurrence des Toleka. Les usagers de la route ont trouvé que le bus coûtait très chers. Conséquence : tous ces bus ont changé de destination; ils font des navettes entre Kisangani et les territoires environnants tels Banalia et Bafwasende.

Les vélos sont ainsi sacrés champions de transport urbain à Kisangani. En attendant que le transport en commun se réorganise à Kisangani, les Boyomais s’en contentent pour se déplacer, le bon côté des choses, c’est que ma ville compte parmi les plus écolos, les moins poluées du monde !

Mots-clés : , , ,
4 commentaires »

Kisangani: Traditions autour du mariage coutumier

Publié le 30 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Mariage coutumier à la congolaise

Le mariage à Kisangani obéit encore à des diverses normes et procédures coutumières et traditionnelles. Je m’en suis rendu compte lors du versement d’une pré-dotte à la famille de ma fiancée il y a quelques semaines.

En république démocratique du Congo, chaque tribu ou ethnie ases spécificités et des exigences. Dans tous les cas, il est recommandé au futur fiancé de se présenter à sa belle famille accompagné de sa propre famille pour s’enquérir des biens exigés pour la dotte.

« Le futur époux ne peut convenablement verser la dot que s’il a reçu en amont la liste des biens exigés pour ladite dot lors du versement de la pré-dotte qui consacre les fiançailles » m’a expliqué Papa Alphonse, mon grand-père paternel qui m’a servi de coach à toutes les étapes.

La liste des biens exigés en échange de la future mariée est bien fournie : Panier de manioc, quelques régimes de bananes, l’huile de palme, quelques casiers de bière et de boissons sucrées, des poules ou une chèvre mais aussi une somme d’argent.

« Ce n’est qu’après la validation de la liste des biens par la fiancée que sa famille peut donner la liste des biens à la famille du futur époux. Le fait que la fiancée prenne l’enveloppe contenant la somme d’argent et la donne au représentant de sa famille signifie qu’elle a donné son accord » renchérit le grand-père.

Malheureusement, les effets de la publicité et de la modernité poussent actuellement certaines familles à inscrire sur la liste des biens qui n’ont rien à voir avec leurs traditions. Les mariages deviennent une occasion de faire du profit. La somme de la dotte qui était juste symbolique devient de plus en lus exorbitante, ce qui rend la tâche difficile pour les jeunes qui veulent convoler en justes noces.

Me concernant, les choses se sont bien déroulées et je m’en suis plutôt bien sorti. Prochaine étape après le coutumier : mariage officiel et religieux.

Mots-clés : , , , , ,
6 commentaires »

Kisangani : Campagne électorale anticipée

Publié le 18 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Campagne de sensibilisation pour le chagement des mentalités à Kisangani

Ça fait une semaine que des panneaux à l’effigie d’un député provincial sont installés à plusieurs endroits de la ville. Chaque panneau porte un message de l’homme politique, en termes de vision. Par-ci par-là, on peut lire :

  • Vision n°1 : Il faut lutter contre l’impunité et la corruption ;
  • Vision n° 12 : Stop au détournement des deniers publics ;
  • Vision n° 20 : Nous voulons une justice équitable…

L’affichage de ces panneaux rappelle la campagne électorale de 2006. À cette période, les politiques en lisse ont couvert la ville de panneaux et lancé des promesses qui tardent à se concrétiser jusqu’à ce jour.

« Les messages repris sur ces panneaux sont beaux mais le cadre est mal choisi. Le député est payé et a notre mandat pour contrôler l’exécutif et les services publics et non pour afficher de tels slogans : tout ça, c’est de la propagande politique », commente un étudiant que j’ai vu scruter l’un des panneaux planté sur la route qui mène vers l’Université de Kisangani.

On en voit de toutes les couleurs dans ce pays. Ceux qui sont chargés de gérer la chose publique se transforment en donneurs de leçon de patriotisme, comme si la population de Kisangani avait besoin de tous ces chapelets de bonnes intentions pour voir son quotidien amélioré. Et puis, le changement des mentalités ne doit-il pas commencer chez les dirigeants qui ont la charge de gérer la chose publique ?

Bien tenté papa député, mais au final, ces panneaux apparaissent comme de la publicité, mieux une campagne électorale anticipée !

Mots-clés : , , ,
15 commentaires »

Kisangani: Enfants recycleurs de déchets

Publié le 13 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Ramasseurs d'ordures dans une rue de Kisangani

J’en observe depuis un certain temps, ces jeunes enfants, dont l’âgé varie entre 8 et 11 ans et qui se promènent sous le soleil pour ramasser divers objets. Me rapprochant d’eux en essayant de comprendre ce qu’ils cherchaient, j’ai découvert que ces enfants, dignes d’être classés dans la catégorie des débrouillards professionnels recherchent en fait une sorte de matière première.

« Nous sommes à la recherche des Kporo, objets jetés mais pouvant servir dans la fabrication des casseroles locales », me confient Adjadja et son compagnon Chris. Le Kporo est donc un ensemble de plein de choses : flacons de parfum usagés, fils en cuivre, divers métaux et ustensiles de cuisine.

Tous les jours, nos deux amis se réveillent tôt le matin pour aller fouiller dans des grands dépotoirs comme dans des poubelles de résidences privées, avec un seul objectif : remplir leurs sacs qu’ils revendent ensuite aux fabricants locaux de casseroles.

« Chaque kilogramme de Kporo vaut 800 francs congolais (environ 1 dollar américain). Plus nous ramassons, plus nous gagnons des sous pour subvenir à nos besoins élémentaires (manger, s’acheter une culotte, …) », renseigne Chris. Et Adjadja d’ajouter : « Ce qui nous plaît dans notre business, c’est que notre marchandise est très recherchée. Généralement, le soir, nous réunissons en moyenne 5 kg qui sont tout de suite raflés par nos clients »

Abandonnant le chemin de l’école si jeunes, contraints à survivre par leurs propres efforts dans un pays où l’article 15 est la règle de vie sans exception, ces jeunes enfants n’ont pas de projets et se contentent de vivre le quotidien. Une question : Est-ce vrai que l’avenir d’un pays appartient à sa jeunesse ? Si la réponse est affirmative, quel avenir pour le Congo ?

Mots-clés : , , , ,
0 commentaire

Kisangani : Le phénomène « Enfants sorciers » fait deux victimes de plus

Publié le 6 mar 2009 dans Kisangani par Boyomais

Le pont sur la rivière Tshopo à Kisangani

Dans la nuit du samedi 28 février dernier, aux alentours de 22 heures, une fillette de 8 ans et un petit garçon de 13 ans ont été amenés par leur oncle paternel au Pont Tshopo sur la rivière qui porte le même nom. Arrivés sur le pont, l’oncle poussa, délibérément, un après l’autre, les deux enfants du haut des allées du pont vers la rivière. Les corps sans vie de ces deux enfants ont été découverts le lendemain par des pécheurs.

La raison de ce geste odieux n’est pas à chercher bien loin : une semaine plus tôt, un pasteur, venu réconforter l’oncle après la mort de son bébé suite à une courte maladie, « l’homme de Dieu » avait affirmé que le Saint-Esprit lui avait révélé que les deux enfants dont il avait la garde (lesquels sont des enfants de son jeune frère) étaient des sorciers et qu’ils étaient à la base du décès du bébé.

Après avoir commis son horrible crime, l’oncle assassin n’a pas pu garder le secret. Il est allé voir le lendemain son pasteur pour implorer le pardon pour son péché. Ironie du sort, après avoir relaté son histoire à son pasteur, ce dernier l’a dénoncé à la police. Sachant pertinemment qu’il était lui aussi lié à cette affaire, le « pasteur » a ensuite pris le large.

Du lieu où il est détenu en attente d’un procès public tel que sollicité par l’autorité urbaine, le criminel signe et persiste : « Mon pasteur m’a dit que les deux enfants ont avoué devant lui qu’ils avaient mangé le bébé. Ma nièce de 8 ans a même déclaré que la chair de mon bébé avait un goût amer ».

Encore une histoire mettant en cause ces prédicateurs qui se spécialisent dans la détection des sorciers. Ils ne mesurent pas les tensions sociales que suscitent leurs incriminations et plus grave, il y a toujours assez naïfs pour jouer le jeu.

Affaire à suivre… Nous attendons le dénouement de la procédure judiciaire.

Mots-clés : , , , , , , ,
7 commentaires »

Kisangani : Lorsque le charlatan s’improvise chirurgien

Publié le 28 fév 2009 dans Kisangani par Boyomais

Victime d'un medecin charlatan

[Nous avons choisi de ne pas afficher la photo entière qui peut être choquante ici. Pour ceux qui voudront quand même la voir : Victime d'un charlatan - Âmes sensibles s'abstenir!!!]

A Kisangani, les centres de santé tenus par des infirmiers pullulent. Le plus souvent, ces infirmiers se font passer pour des véritables médecins auprès de leurs clients. Les parents de Gaby, 9 ans sont tombés dans le filet d’un de ces charlatans.

L’enfant n’est pas né avec une malformation majeure : juste une petite tumeur derrière son oreille droite. « Nous avons pensé qu’il est mieux que nous la coupions avant le temps. C’est pourquoi sa mère et moi avions décidé de l’amener auprès de spécialistes », me confie son père.

Sous-estimant pratiquement les risques qu’encourait leur fils par une telle intervention chirurgicale mais en même temps limités par des moyens financiers, ils conduisirent Gaby au centre de santé de fortune le plus proche de leur domicile, au bloc Simi-Simi, quartier Plateau médical, derrière l’aéroport de Simi-Simi.

« Le docteur nous a rassuré qu’il n’y avait rien à craindre et que tout se passerait bien. Il nous a même encouragé d’avoir pris la bonne décision au bon moment. Au final, il me semble que nous avons conduit notre enfant à l’abattoir et non à un centre de santé » raconte la mère qui a du mal à arrêter ses larmes. À l’issue de l’opération, Gaby est sorti tout autre, complètement déformé.

En fait, le docteur de Gaby n’en était pas un. Il n’est qu’un simple infirmier mais un infirmier tenant un hôpital et se faisant passer pour un spécialiste en chirurgie. Sans une maîtrise de la matière, il s’amuse pratiquement avec la vie de ses patients sans être inquiété par qui que ce soit. La justice n’étant pas le service public le fonctionnel à Kisangani, toutes ces maladresses restent impunies.

Entre temps, le petit Gaby meurt à petit feu, sous l’œil impuissant de son père, pauvre et manquant les moyens pour faire soigner son rejeton.

Mots-clés : , , , , ,
38 commentaires »