Vous parcourez les archives de Mira, Leki ya Kinshasa

Kinshasa : Les bombes roulantes du transport en commun

Publié le 29 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le réservoir d'une voiture tropicalisée à Kinshasa

N’allez pas croire que j’exagère. Toutes ces voitures tropicalisées servant de taxi et qui sillonnent la capitale congolaise réservent plein de surprises. En plus du fait qu’elles embarquent, telles des sardines dans une boite des passagers, ces derniers voyagent souvent avec des bagages parfois dangereux.

Les modifications personnalisées de ces véhicules en font de vraies bombes roulantes. Comme vous le voyez sur la photo, le réservoir de ce bus que j’ai pris il y a quelques jours se trouve aux pieds des passagers, à l’intérieur. Un petit tuyau bien visible amène le carburant au moteur. Sans être un oiseau de mauvaise augure, il suffisait d’un petit accident pour que ce bidon-réservoir prenne feu et nous les passagers avec évidemment.

Le plus désolant dans l’affaire c’est que les conducteurs de ce genre des véhicules (bombe roulante) passent devant la police de roulage sans être interpellés. Un petit bakchich, 200 ou un 300 francs suffisent pour détourner l’attention des policiers qui ferment les yeux et ignorent le danger. La vie des hommes, policiers et conducteurs de ces cercueils roulants s’en foutent. Remplir leurs poches est leur seul souci.

Mots-clés : , , , ,
8 commentaires »

Kinshasa : Commerce de prières et des bénédictions divines de plus en plus fructueux

Publié le 10 mar 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un prêcheur dans un bus à Kinshasa

Pas besoin de s’en faire si vous ratez la messe du dimanche. A Kinshasa, l’église et les prêcheurs vous suivent partout. Des églises dites « de réveil » poussent comme des champignons dans la ville de Kinshasa. Comment les repérer ? Au bruit ! Des chants fusent dans tous les sens et le repos des voisins est le dernier des soucis. N’allez pas vous plaindre auprès des « pasteurs », ils vous traiteront de sorcier hostile à la prière et à la « délivrance » des habitants du quartier !

Depuis un certains temps, se développent même des églises ambulantes ! Il n’est donc pas surprenant de tomber sur un prêcheur dans les bus de transport en commun. J’en ai vu un il y a quelques jours. Il nous a obligé à garder silence pour écouter « l’homme de Dieu » selon ses propres termes. L’essentiel de la prédication : donnez pour recevoir les bénédictions divines.

Apres la récitation de plusieurs versets bibliques, le prédicateur a fini par dévoiler sa vraie intention : « donnez de l’argent à l’homme de Dieu et le seigneur vous bénira ». Quelques personnes généreuses one accepté de donner mais je n’ai vu circuler que 3 billets de 50 francs congolais. Ceci malgré les amen et alléluia qui fusaient de partout. Enervé, le prêcheur s’est mis à nous menacer : « ne savez vous pas que Dieu ne bénit que ceux qui donnent ? Je comprends pourquoi tous nos agresseurs dominent sur la RDC et que la guerre ne s’arrête pas…le congolais ne respecte pas les envoyés du seigneur…vos activités ne seront jamais florissantes… »

Ce n’était pas son jour de chance ! La vente de la parole de Dieu est une activité rémunératrice pour bon nombre de Kinois. Et je vous assure que c’est une affaire qui marche. S’il y a de plus en plus de vendeurs, ce ne sont pas les acheteurs qui manquent. Il y a heureusement ou malheureusement bon nombre de congolais prêts à donner aux « hommes de Dieu » pour recevoir en retour du travail, la réussite dans les études ou encore le mariage.

Mots-clés : , , , , ,
15 commentaires »

Kinshasa : La découverte de nouvelles richesses fait couler les larmes

Publié le 27 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Faux gisement de pétrole à Kinshasa

Il y a quelques semaines, alors que j’allais rendre visite à ma sœur qui venait d’avoir un bébé dans la commune de Ngiri-Ngiri, j’ai vu un attroupement. Curieuse, je m’en suis rapprochée pour voir ce qui se passait. Au moment même où j’arrivais, j’ai vu un homme reniflant le contenu d’une petite boite s’écrier : « c’est du vrai pétrole ». La boite contenait un liquide noir qui avait réellement l’odeur du pétrole. Il coulait d’une fosse sceptique nouvellement construite.

En quelques minutes, « le gisement » a attiré davantage de monde, et même des policiers. Une voix sortie de la foule propose alors d’inviter la presse pour couvrir l’événement. « Non pas la presse ! », rétorque une dame présente sur les lieux. D’une voix tremblante et les larmes aux yeux, elle poursuit : « Vous voulez que des assaillants viennent envahir notre quartier ou quoi ? Vous ne savez pas que s’il y a la guerre au nord Kivu, c’est à cause des richesses ? N’en parlez pas s’il vous plait, laissez ce monsieur construire sa dalle et couvrir ce pétrole qui risque de se transformer en sang… »

Tout est dit ! La découverte de nouvelles richesses fait désormais peur. J’espère qu’il viendra vite ce jour où cette guerre de minerais prendra fin dans mon pays et que les congolais pourront se réjouir de découvrir des nouvelles richesses, et surtout d’en bénéficier.

Message aux prédateurs : ce n’est pas la peine d’essayer de lancer un mouvement de « libération » de la commune de Ngiri-Ngiri ! Aux dernières nouvelles, des experts sont descendus sur les lieux pour creuser le mystère. Ils ont trouvé une barrique de pétrole volée et enterrée dans cette parcelle avant que le propriétaire actuel ne l’achète. En exécutant des travaux, les maçons ont dû trouer le fût qui a laissé échapper son contenu.

Mots-clés : , , , , ,
2 commentaires »

Kinshasa : Indépendance cha cha, la population se débrouille sans la SNEL

Publié le 23 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un jeune patron d'une cabine téléphonique de rue avec son dispositif de chargement de téléphones portables

Nombreux sont les métiers engendrés par la descente aux enfers de la société nationale d’électricité (SNEL). Parmi ces techniques plus ou moins révolutionnaires, le fameux et de plus en plus sollicité dispositif « multi prises » pour charger les batteries des téléphones portable. Inventé par les jeunes kinois patrons de cabines téléphoniques ambulantes, ce système fonctionne de manière autonome, utilisant exclusivement l’énergie générée par des groupes électrogènes.

« C’est une affaire qui marche Mira, plus que les simples appels téléphoniques », me confie l’air fier de lui, Lolo, un jeune débrouillard. Du carburant, ½ litre par jour et cent francs congolais par téléphone chargé, c’est vrai qu’avec le fonctionnement au ralenti de la SNEL, ça doit faire de la marge.

« Du domestique au ministre,  celui qui a un téléphone portable est obligé de recourir à mes services s’il veut utiliser son téléphone », ajoute le jeune, affichant désormais clairement sa préférence pour le manque d’électricité, moteur de son business. Ce qu’il oublie de mentionner c’est que nos ministres, particulièrement celui de l’énergie, ne manquent pas de moyens pour s’acheter les générateurs les plus puissants et du carburant pour les faire tourner. La population peut toujours aller crever.

Si une solution semble être trouvée pour les téléphones, il n’y en a pas encore pour les autres appareils électroménagers. Lorsqu’ils tombent en panne suite aux nombreuses coupures de courant, on ne peut même pas se plaindre. La SNEL a toujours raison ! Le pire c’est que le lendemain, des agents de la société passent déposer des factures, pour une fourniture qui n’est même pas assurée.

La SNEL a tout d’un mari qui entretient bien ses maîtresses en oubliant sa propre femme. Si l’obscurité est désormais l’amie des congolais, certains pays voisins qui dépendent de l’énergie provenant de la RDC n’en manquent pas.

Le pire c’est qu’il n’y a pas d’issue de sortie visible. Nous avançons lentement et sûrement vers un pays sans électricité.

Mots-clés : , , , ,
1 commentaire »

Kinshasa : Police, amie ou ennemie de la population?

Publié le 4 fév 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Policiers congolais

La semaine dernière, en plein milieu de la nuit alors que je dormais paisiblement, des coups de feu ont retenti dans le voisinage. Au réveil le matin, j’ai appris mes voisins avaient reçu la visite d’hommes armés. Solidarité africaine oblige, j’ai entrepris d’aller les consoler. Arrivé sur place, je me suis conter l’horrible scène par ma voisine : « Ces bandits ont profité de l’absence de mon mari pour nous attaquer. 3 d’entre eux ont emmené ma fille de 15 ans à l’extérieur. Quelques minutes plus tard, je l’ai entendu hurler; elle venait de se faire violer. Les 4 autres qui surveillaient et qui nous empêchaient de bouger ont voulu faire la même chose à ma fille de 21 ans. Celle-ci leur a remis 400 dollars pour sauver sa peau. Ils ont emportés le téléphone de mon fils, les bijoux et même mon alliance. »

La suite de l’histoire c’est qu’après le départ des brigands, ma voisine a vite fait d’alerter son mari. Quittant son lieu de travail pour rejoindre son domicile vers 4 heures du matin, il a croisé une patrouille de la police « d’intervention rapide ». « Je me suis dit que c’était une chance de les croiser et je me suis rapproché d’eux pour leur raconter le drame que venait de subir ma famille. Ils m’ont embarqué dans leur véhicule et accompagné jusqu’à l’entrée de ma rue. Et là, ils ont pris soin de vider mes poches des 20.000 francs congolais que j’avais sur moi. Ils m’ont ravi mon téléphone et se sont même rués sur le sachet de pains que je ramenais pour les enfants. Ils m’ont abandonnés là et sont partis », m’a-t-il raconté.

Cette histoire triste et révoltante remet sur le tapis le comportement incivique des hommes en uniforme dans mon pays. Au Congo, croiser un agent de police n’est pas rassurant. Ça fait même très peur. Remettre un bandit aux mains des policiers ne sert à rien parce qu’on sait très bien qu’il sera relâché quelques minutes plus tard s’il paie.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on recrute des bandits au sein des forces de l’ordre. L’uniforme et le flingue qu’ils portent ne servent pas à veiller sur la population mais plutôt à la terroriser et à la rançonner.

Mots-clés : , , , ,
11 commentaires »

Kinshasa : Watu wote wana lazimishwa ku ingiya katika maji barabarani pasipo utashi wao

Publié le 28 jan 2009 dans Dessins par Mira, Leki ya Kinshasa

Piscines publiques à Kinshasa

Visima vya maji ya nvuwa barabarani vina patikana huku na kule mujini Kinshasa. Hali iyo ina husu raiya wenye ku ishi kandokando ya barabara toka Kinshasa handi Matadi iitwayo mu kifaransa Route de Matadi.

Visima ivyo vina sababishwa na maji ya nvuwa na vina sababisha musongano wa gari barabarani naku haribu mwenendo bora wa usafirishaji mujini Kinshasa.

Basi ku tambuka maji iyo ni hatari kubwa kwa madereva. Na wakati raiya wana tamani ku tambuka maji iyo wana bebwa mugongoni mwa vijana wamoja wenye ku omba franka za Kongo miya moja kwa kazi iyo. Vijana hao wenye ku fanya kazi yaku beba mugongoni raiya wenye ku tamani ku tambuka visima vya maji ya nvuwa hawa jali na usafi wao ingawaje franka wanao pokeya ina weza ku ishiya kwa matunzo kwani maji iyo ni chafu sana.

Madereva wa taxi wana fanya yote yawezekanao kwaajili yaku epuka visima ivyo vya maji ya mvuwa. Na hali iyo ina zorotesha mwenendo wa usafirishaji wa raiya mujini Kinshasa. Na waka madereva wamoja wana subutu ku tambuka maji iyo wana kwama naku acha gari zao katika maji iyo.

Viongongozi, kwa ngambo yao, wana gari kubwa za aina ya 4×4 waliyo nunuwa na franka ya serkali na wana ngojeya visima izo ziwe kubwa sasa mbele yaku anza kazi zaku tengeneza.

0 commentaire

Kinshasa : baignades gratuites pour tous les habitants

Publié le 28 jan 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Piscines publiques à Kinshasa

Des piscines gratuites et à ciel ouvert, on en trouve pratiquement dans tous les coins de la ville de Kinshasa. Les habitants des quartiers bordant la route Kinshasa – Matadi sont particulièrement gâtés !

Dame la pluie, constructrice et conservatrice de ces piscines ne se soucie pas trop des embouteillages et des problèmes de transport qu’occasionnent ces flaques d’eau gigantesques en pleine capitale.

Traverser ces mares est assez périlleux pour ceux qui ne savent pas nager. Les riverains qui doivent les franchir tous les jours pour se rendre ou revenir de leurs lieux de travail se voient offrir les services des débrouillards du coin. Pour la modique somme de 100 francs congolais, ces derniers prêtent leurs dos et épargnent leurs clients de la noyade. Le problème c’est qu’ils ne veillent pas trop à l’hygiène. Ils semblent ignorer que tous leurs bénéfices risquent de passer en soins médicaux, l’eau de ces piscines n’étant pas très propre.

Quant à eux, les conducteurs de taxi évitent les routes parsemées de piscines, ce qui fait que le transport en commun est un véritable casse-tête chinois dans la capitale congolaise. Les plus téméraires qui s’y risquent avec leurs voitures sont souvent obligés de les abandonner pour se sauver à la nage.

Nos dirigeants dans tout ça ? Ils ont des bouées de sauvetage très efficaces : leurs beaux 4×4 payés gracieusement par les fonds publics. Ils attendent sûrement que les piscines se transforment en fleuves pour réagir.

Mots-clés : , , , , , ,
5 commentaires »

Kinshasa : Mwenye ku shika silaa ndiye mwenye kuwa na sheria

Publié le 12 jan 2009 dans Dessins par Mira, Leki ya Kinshasa

Soldats congolais

Ina pita sasa mwezi moja jemadari moja wa FARDC ( mu kifaransa: forces armées de la République démocratique du Congo) ali hama kandokando ya makao yangu. Na nili harifiwa kuhusu ujiyo wa jirani wangu mupya katika aina yakipekee.

Siku moja kisha ku fikishwa makaoni mwangu na taxi, dereva wa taxi iyo ali pigwa na waaskari wawili wanao husika na ulinzi wa jemadari huo. Dereva uyo ali pigwa kwaani ali simamisha gari yake pembeni ya lupango ya jemadari uyo wa jeshi la Kongo. Na nili kuwa niki shuka nyumbani mwangu wakati nili sikiya fudjo mugongoni mwangu.

Nilipo rudi nyuma kwaajili yaku tambuwa ni nini… moja wa waaskari hao aka ni lalamikiya naku sema mu lingala : « Yo oyebi te que mokonzi avandaka awa, olingi kosala attentat? Soki omeki lisusu kotelemisa mutuka awa to ko tia yo na cachot… » niku sema : « Hau fahamu kama hii ni makao ya kiongozi moja ?Una tamani kutiya hapo gombora hao…? Uki subutu tena ku simamisha gari hapa tutaku weka nguvuni. »

Nilipo angaliya kandokando mwangu nika tambuwa kama hakuna chapa ao alama inayo harifu kama ina katazwa ku simamisha gari mahali pale. Lakini siku subutu sema kitu kwani nina fahamu vema namna aina ya mazungumuzo iyo ina ishaka wakati una pingana na watu hao wenye ku shika silaa.

Basi kuna ulizo moja yenye kuni gonga kichani mwangu: Yafaa ku hamisha nafasi yaku simama kwamagari kila mara kiongozi fulani ana hama katika kata fulani? Ingawaje siya safari hadi inchi zigeni ; nina jiuliza kama mambo kama hii ina endeshwa katika inchi zengine. Hapa mujini Kinshasa makao za viongozi vya jeshi ni nafasi zisiyo ruhusiwa ku wasili. Kuna hata wakati barabara nzima ina fungwa kwaani kuna kiongozi moja mwenye ku kaa hapo. Na tena ina obwa kwa raiya ku achiya njiya gari za viongozi hao wakati wana safiri barabarani hao wakati mabibi zao hao watoto wao wana pita barabarani.

1 commentaire »

Kinshasa : La raison de l’homme armé est toujours la meilleure

Publié le 12 jan 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Soldats congolais

Ça va faire un peu plus d’un mois qu’un général des FARDC (forces armées de la République démocratique du Congo) a aménagé près de chez moi. J’ai appris l’arrivée du nouveau voisin d’une manière assez particulière. En me ramenant chez moi il y a quelques jours, le taximan s’est fait battre par deux militaires commis à la garde du Général. Son péché : s’être arrêté devant la parcelle qu’occupe le chef pour me déposer.

Je me dirigeais déjà vers chez moi quand j’ai entendu du bruit derrière moi. En revenant sur mes pas pour voir ce qui se passait, l’un des deux soldats m’a crié : « Yo oyebi te que mokonzi avandaka awa, olingi kosala attentat? Soki omeki lisusu kotelemisa mutuka awa to ko tia yo na cachot…» Traduction: « Tu ne sais pas que c’est la résidence d’un chef? Tu veux faire un attentat ou quoi? Si tu oses encore stationner un véhicule ici, nous allons te jeter au cachot. »

Observant autour de moi, je n’ai vu aucun panneau ou indication mentionnant qu’il était interdit de s’arrêter à cet endroit. Je n’ai pas osé discuter, sachant très bien comment finissent ceux qui osent se mettre en opposition avec ces hommes forts armés.

Une interrogation se ballade dans ma tête : Devrions-nous déplacer les arrêts de bus à chaque fois qu’une autorité s’installe à proximité? N’étant jamais sortie de mon pays, je me demande si les choses se passent de la même manière ailleurs. Ici à Kinshasa, les habitations des officiers militaires sont des endroits interdits. Des rues entières sont parfois barricadées juste parce qu’une autorité politique y habite. Tout cela sans compter le spectacle habituel des cortèges des ministres, députés, leurs copines et leurs enfants qui obligent tout le monde à sortir des routes pour les laisser passer.

Mots-clés : , , , ,
12 commentaires »

Kinshasa : Les jeunes congolais s’interrogent : étudier ou prier pour réussir ?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Des enfants jouant dans une rue de Kinshasa

Premier jour de formation de BA LEKI. C’est un lundi, j’ai la « lundiose ». Je me réveille un peu plus tard que mes petites nièces qui vivent avec moi chez mes parents. Elles sont dans la chambre voisine et discutent. Je n’ose pas les déranger, leur conversation m’intéresse…

Prescilia qui a 5 ans, est en première primaire, Christelle est en troisième primaire et elle a 7 ans. Elles sont en congés de Noël.

  • Prescilia: Christelle, pourquoi Mira nous demande de bien garder nos objets scolaires, on devra encore aller à l’école?
  • Christelle: bien sûr, nous avons quelques jours de vacances, nous retournerons ensuite à l’école
  • P: ah non, moi je n »irai plus à l’école…
  • C: mais pourquoi ? il faut étudier
  • P: et pourquoi on étudie?
  • C: euh, c’est pour obtenir un diplôme et puis travailler pour avoir beaucoup d’argent.
  • P: alors, tantine Nancy n’a pas étudié?
  • C: elle a étudié! Tu as oublié la fête pour son diplôme? Mémé (grand mère) a dit que tantine Nancy est devenue maître (avocate)
  • P: et pourquoi Mémé nous demande de prier pour que tantine Nancy obtienne un boulot?
  • C: moi je ne sais pas…
  • P: moi je vais directement prier pour avoir un boulot, au lieu d’aller à l’école.

Après avoir entendu cette conversation, j’ai voulu rassurer Prescilia en lui donnant mon exemple. Mais les petites connaissent plusieurs cas de chômeurs diplômés, je peux comprendre qu’elles se posent des questions.

Comme Prescilia, aujourd’hui plusieurs enfants de la RDC s’interrogent sur leur avenir dans ce pays, après les études. Les études ne sont plus une garantie de réussite en RDC. Aujourd’hui, si vous posez la question à un étudiant en médecine sur ses projets, la réponse est dans la plupart des cas : « j’irai travailler en Afrique du sud,  j’irai au Botswana, j’irai en Europe…»
C’est vrai, notre souhait est qu’ils mettent leur savoir-faire à la disposition de notre chère RDC. Mais qu’est ce que la RDC met à leur disposition? Devons nous tous recourir à la fuite des cerveaux ou espérer avoir une «chance» de réussir dans notre pays ?

Mots-clés : , , , , ,
5 commentaires »