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Vous avez dit Kinshasa la belle?

Publié le 25 mai 2010 dans Dessins par Mira, Leki ya Kinshasa

Opération Kinshasa ville propre

Il y a quelques jours, je me suis retrouvée un peu par hasard de l’autre côté du décor de la ville de Kinshasa annoncée propre et belle pour le 30 juin. En me rendant dans la commune de Limete, il était plutôt question d’aller voir ce qu’il en était de marchandises bloquées suite à la grève des régies financières.

Arrivée au quartier Kingabwa-pêcheur, le véhicule qui m’emmène ne sait plus avancer. C’est en baissant les vitres et je découvre que nous sommes embourbés. Au même moment, la puanteur des lieux m’envahit. Un mélange d’odeur de manioc, de poisson et d’épices pourris… Le temps de descendre de la voiture, je me rends compte que j’ai de la boue jusqu’au niveau de chevilles.

Le spectacle qui s’offre à moi par la suite est ahurissant. A quelques pas de moi, un bébé avance à quatre pattes dans le mélange de boue et d’ordures qui sert de cour commune à quelques dizaines de familles. Le bambin s’arrête devant un sachet et le tire de toutes ses forces. Après m’avoir lancé un beau sourire, il porte sa trouvaille dans sa bouche. La scène passe innaperçue et je suis la seule à être choquée.

Un peu plus loin, des enfants plus âgés jouent sur le tapis d’immondices, sous l’oeil complaisant de quelques femmes cuisinent, sans se soucier apparemment de quelconque règle d’hygiène.

Drôle de rituel de bienvenue dans ce quartier où la quasi-totalité des ordures de la ville de Kinshasa sont cachées des yeux des rares touristes qui se risquent au Congo et les nombreux hôtes attendus pour la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance. Je n’ai pas eu besoin de faire des kilomètres pour me retrouver de l’autre côté du mur, là-où Kinshasa la belle est un slogan utopique et où l’hygiène n’a pas du tout l’air d’être une priorité.

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L’électricité prépayée : le rêve des kinois s’écroule

Publié le 25 mai 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Nouveaux compteurs à Pré-paiement de la SNEL à Kinshasa

Cela fait environs 5 mois que les habitants de la Cité Mama Mobutu et Cité Verte, des quartiers de Kinshasa, expérimentent le système de pré-paiement du courant électrique instauré par la Société Nationale D’Electricité (SNEL).

Comme promis par la société publique qui produit et distribue l’énergie électrique, la population attendait de ce système, la fin du système de délestage. Hélas, les jours « off SNEL » continuent.

Maman fifi, habitante de la cité verte se plaint: « Nous avons adopté ce système par ce qu’ils nous ont promis qu’il n y aura plus de coupure d’électricité systématiquement. Malheureusement, nous sommes sans courant deux jours par semaine, auxquelles il faut ajouter les coupures intempestives. C’était un gros mensonge. C’est vrai que nous payons ce que nous avons consommé. Mais le problème est que nous ne consommons pas à notre faim. Il n y a que la SNEL qui trouve son compte dans ce système. »

Une question mérite d’être posé face à cette aire du pré-paiement annoncé avec faste par la SNEL: Est-ce que l’objectif de la SNEL était de trouver une solution au problème de délestage et de raccordement frauduleux ou de remplir ses poches ?

En attendant la réponse, près de mille deux cent compteurs sont déjà implantés dans toute la ville.

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Boulevard du 30 juin: un cadeau ou un appât

Publié le 20 mai 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Boulevard du 30 juin: un cadeau ou un appât

Sous un regard étonné de la population, les travaux d’agrandissement du boulevard du 30 juin prennent de l’allure. Ils doivent prendre fin avant la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du pays. Entreprises chinoises et main d’œuvre congolaise s’y activent.

Cette chaussée modernisée s’emmène avec quelques difficultés. La principale: la plupart de conducteurs et piétons ne maîtrisent pas les marques routières. Accidents, freins brusques, mauvais dépassement, etc. sont toujours au rendez-vous.

Il y en a qui tirent profit de cette situation. Les agents de la police spéciale de roulage évidemment! Les infractions pleuvent sur cette chaussée. Une sensibilisation des usagers s’impose.

Côté politique

« Même si ces travaux prennent fin, nous n’allons pas voter pour lui… », « En tout cas il faut laisser Kabila aller jusqu’au bout de ses projets au prochain mandat… », « Ce sont des stratégies pour nous pousser à le réélire… »
Les kinois pensent que « ces travaux rapides » sur le boulevard ne sont que la face visible de l’Iceberg. Que nous réserve la face cachée ? Les avis des kinois divergent.

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Casse-tête kinois ou le calvaire des étudiants de la capitale congolaise

Publié le 25 mar 2010 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Le casse-tête kinois des étudiants de la capitale congolaise

Il est 4heures 30 minutes. Le réveil sonne. Malgré elle, elle quitte son lit. Carline Tshilanda a 24 ans. Elle est étudiante en première année de doctorat en médecine à l’université de Kinshasa.

  • Cette demoiselle est obligée de se lever aussi tôt pour plusieurs raisons :
  • Elle habite Binza ozone, un quartier à x km de l’université
  • Elle n’a pas pu obtenir une chambre au home cette année (bien qu’elle soit un ayant droit)
  • Trouvez un taxi pour le campus âpres 6h du matin est un parcourt de combattant
  • En tant que femme, elle doit aussi avoir un peu de temps pour se faire belle…

Mira : alors carline, une fois prête pour le campus, dit nous comment ca se passe

Carline : tu sais Mira, souvent je n’aime pas parler de mes journées

M : Pourquoi ?

C : Elles sont tellement lourdes que j’aimerais les oublier

M : raconte-nous quand même…

C : Je vais quand même te résumer mon calvaire : 5heures 40…6 heures je prends mon bus. 2 heures plus tard je suis sur le campus. Je ne suis pas la première arrivée. Des centaines de camarades sont déjà dans l’auditoire. Les places assises font objets de bagarres dans l’auditoire. Nous sommes à 2000 pour un auditoire construit à l’origine pour accueillir 500 personnes. Imaginez…

Ce parcours du combattant,  c’est celui e tous les étudiants de la capitale. J’ai proposé à carline de l’accompagner prochainement dans son auditoire pour que vous et moi puissions palper du doigt la réalité. Il faudra juste attendre la fin de la grève… Affaire à suivre.

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Gagner de l’argent, tous les moyens sont bons au pays de la débrouille

Publié le 21 oct 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Gagner de l’argent, tous les moyens sont bons au pays de la débrouille

En pleine capitale congolaise, juste à l’entrée de Cité verte, un des plus beaux quartiers de Kinshasa, mon attention est attirée par ce panneau. Je pousse alors ma curiosité jusqu’à entrer dans le cabinet « solution ». Un homme, la cinquantaine, un regard interrogateur m’accueille. Curieusement, il enlève tous les papiers qui se trouvaient sur sa table pleine de poussière et les places dans un tiroir. Je me rends compte que c’est mon appareil photo qui le fait paniquer. Du coup, un climat de méfiance s’installe.

Je m’approche et lui dis que j’avais un cas de sorcellerie à la maison et que je chercher une solution auprès de lui. Il me sourit et laisse entrevoir sa mâchoire avec des dents manquantes. Il me présente un registre « vétéran ». Je devais être exactement son 3.652eme client. « Il faut payer 5 dollars avant de voir le docteur pour une maladie et 10 dollars pour un cas de sorcellerie », me lance-t-il.

Sans blague ! Vu le phénomène enfant sorcier qui bat son plein dans la capitale…ce fameux médecin-charlatan a trouvé une bonne façon de se remplir les poches. Hélas, personne pour certifier l’efficacité de ses gris-gris.

Ainsi va la vie en RDC, le pays de la débrouille. La rationalité et le formel ont laissé place à des croyances et pratiques de toutes sortes. Deux voies sont possibles : d’une part les féticheurs et de l’autre les autoproclamés « hommes de Dieu ». Dans les deux cas, il faut payer et espérer en échange une solution miracle qui se fait attendre très longtemps.

A défaut de voir les miracles promis se réaliser, ceux qui choisissent les miracles que vendent les églisettes qui poussent comme des champignons dans tous les coins de la république, peuvent au moins espérer avoir un retour sur leur investissement et gagner une place au paradis…

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Pendant que la SNEL coule, les kinois inventent !

Publié le 25 juil 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Un brasero made in Kinshasa

Action rapide, c’est comme cela que vendeurs et consommateurs nomment ce brasero qui connaît un succès fulgurant dans les ménages. Les coupures intempestives d’électricité, conséquence d’une descente aux enfers de la société nationale d’électricité poussent les kinois à trouver des moyens alternatifs pour s’éclairer ou tout simplement pour cuire leur pitance au quotidien. Les inventeurs de la capitale congolaise ont trouvé la solution, peu coûteuse mais très efficace.

Le matériel est rudimentaire :

  • Un brasero fait maison
  • 4 piles
  • Une poignée de charbon de bois
  • Une tige d’allumette, et le tour est joué !

Cette invention fait l’affaire de tout le monde, les vendeurs de charbon de bois en premier. Ces derniers qui voient leurs chiffres d’affaires exploser n’hésitent pas à surenchérir. Les Kinois dont les appareils électroménagers ne servent plus qu’à embellir les maisons sautent sur ce nouveau gadget qui leur facilite la vie.

Qui est l’inventeur de ce jouet ? Difficile de le dire. Presque tous les forgerons de la capitale le fabriquent. Pas écologique comme solution me direz-vous ? Je vous l’accorde mais quel congolais irait se soucier du bien de la nature et du monde pendant que ses propres problèmes de ventre ne sont pas résolus ? Ne dit-on pas que ventre affamé n’a pas d’oreilles ?

Avec la SNEL qui tend à se privatiser et à vendre l’énergie au prix fort, la population de Kinshasa semble bien déterminée à se tourner vers des moyens alternatifs. Toujours fidèle à l’application du fameux article 15 : débrouillez-vous, elle semble toujours trouver les moyens de contourner les difficultés du quotidien. Jusque-là, cette devise fait ses preuves. La question est de savoir jusqu’à quand ou jusqu’où la débrouille nous mènera.

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Les kinois crient : au secours, ils ont vendu la SNEL!

Publié le 14 juil 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Les kinois crient : au secours, ils ont vendu la SNEL!

La Société Nationale d’Electricité a depuis la fin du mois de juin lancé un nouveau mode de distribution du courant électrique dans la ville de Kinshasa. Les factures seront désormais prépayées.

Justifiant cette nouveauté, l’ADG de la SNEL a déclaré : « Ce sera exactement comme ça se passe avec le crédit des téléphones portables. N’aura le courant que celui qui aura payé sa facture en avance. » Je vous assure, cette déclaration a mis les kinois hors d’eux !

Les fonctionnaires qui ont appris cette décision alors qu’ils étaient en pleine grève ont carrément menacé de saccager les bâtiments de la SNEL si cette opération entrait en application. On peut bien comprendre leur colère lorsqu’on sait que certains d’entre eux n’ont pas vu de salaire depuis des années. Où trouver l’argent pour acheter l’électricité ?

Avec des yeux grandement ouverts, une commerçante s’est carrément écriée : « Ils parlent de nouveau mode de facturation, mais je suis sûr qu’ils veulent vendre la SNEL comme ils ont fait avec les Gécamines contre tous les petits Mining qui pullulent au Katanga… »

Des réactions face à cette annonce, il y en a des tas. En y réfléchissant un peu, il y a plusieurs questions qui restent sans réponses. Dans un quartier où plus de dix ménages ne sont pas en règle de paiement, l’obscurité sera au rendez-vous dans la nuit. Imaginez les tracasseries des hommes armés qui pourront opérer en toute quiétude, profitant de l’obscurité.

Le congolais doit désormais ajouter l’achat prépayé de l’électricité à son panier à problèmes, déjà bien rempli par le non paiement des salaires des fonctionnaires, le transport, l’insécurité… et bien d’autres. Espérons que cette nouvelle aventure dans laquelle se lance la SNEL permettra de stabiliser le réseau, très célèbre par sa vétusté.

En plus, nul n’ignore que la SNEL ne vit pas des factures payées par les « petits abonnés », mais plutôt des gros contrats avec grandes entreprises et pays voisins. L’électricité sera-t-elle prépayée pour ceux-là aussi ?

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Conflits fonciers et escroquerie officielle dans la capitale congolaise

Publié le 19 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Mise en garde gravée sur un portail : escrocs, cette parcelle n'est pas à vendre

Il suffit de voir comment le mot escroc (scrocs, escrot…) est écrit sur certains portails de Kinshasa pour mesurer le degré d’exacerbation. L’orthographe est le cadet de leur souci, l’essentiel c’est que le message passe.

Si moi je comprends cette douleur, cette colère et ce désarroi…dans ces messages qui sont sur les portails et murs de plusieurs parcelles de Kinshasa, c’est par ce que les conflits fonciers dans la capitale sont devenus monnaie courante. Sans compter le nombre des procès à ce sujet, je vous raconte ma petite expérience :

Dans mon quartier, deux familles se regardent en chiens de faïence dans une même parcelle. Elles détiennent toutes les deux des titres de propriété en « bonne et due forme ». Une parcelle vendue par la même personne à deux acquéreurs différents. Et il ne se passe pas un mois sans que ces « voisins par contrainte » ne se lancent des pierres.

Une autre histoire c’est celle de mon frère qui a trouvé une fondation élevée dans la parcelle qu’il avait acheté 2 mois auparavant à Kutendele, un quartier de Kinshasa. Surpris, puisque ce n’était pas son ouvrage. Les voisins qui remarquent son regard interrogateur lui confirment que la fondation appartenait à un général et qu’il n’est pas la première victime du chef coutumier. C’est comme ça que ça se passe toujours ici…

Et nul n’ignore que dans les procès sur les conflits fonciers, c’est la raison du plus fort qui est la meilleure. Sachant qu’il ne pouvait récupérer son argent, ni gagner le procès contre un « général », il a été obligé de choisir une autre parcelle dans un coin plus reculé et moins attrayant.

Le plus étonnant c’est que ce sont bien les services officiels qui délivrent les titres de propriété. Les mêmes services et qui lotissent les terrains inhabités. Il faut donc beaucoup de précautions avant d’acheter. Un document des services publics n’est pas gage de sécurité. Il suffit de voir combien d’immeubles l’Etat démolit alors que c’est lui-même qui les a vendu.

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Ceintures de sécurité made in Kinshasa

Publié le 9 mai 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Ceinture de sécurité made in Congo

Rubans en caoutchouc, et même morceaux de pagnes… Il ne manque que le ruban de miss… L’essentiel c’est que quelque chose qui ressemble à une ceinture de sécurité traverse votre torse. Depuis un certain temps, les taximen de Kinshasa se voient obligés de recourir à des ceintures de sécurité faits maison pour tromper l’œil des policiers de roulage guettent et interpellent tous ceux qui ne respectent pas la règle.

Que risquent les contrevenants ? Ils s’exposent au paiement d’une amende forfaitaire, un bakchich s’il faut vraiment nommer explicitement la pratique. Pour les conducteurs c’est une question d’économies. La sécurité des passagers, ils s’en foutent éperdument.

Pourquoi n’y-a-t-il pas de ceintures de sécurité dans toutes les voitures me demanderez-vous. L’explication réside dans le fait que la majorité des taxis Kinois sont montés sur place, avec les moyens du bord. Un savant mélange entre des pièces originelles d’occasion et des matériaux de récupération. Ici, il n’est guère surprenant qu’une voiture de marque Mazda roule avec un moteur Renault, des amortisseurs Mercedes et des phares Toyota. L’essentiel c’est que ça roule.

Lorsque ces véhicules tropicalisés tombent en panne [ce qui arrive très souvent], les conducteurs détachent la ceinture originelle [parce que solide] et l’utilisent pour se faire remorquer. Le problème c’est qu’ils ne peuvent plus la remettre en place après usage, ce qui explique le remplacement de fortune effectué.

Il y a quelques jours, j’ai essayé de m’opposer à cette pratique dans un taxi. Le chauffeur et quelques passagers m’ont traité de tous les mots : « Tu es méchante, tu n’as qu’à acheter ta propre voiture, tu te prends pour qui ? Tu veux qu’il perde son argent… » Face à leur hostilité, j’ai opté pour descendre du taxi et en trouver un autre. Toutes ces personnes qui défendaient l’économie du taximan, oubliaient ou n’avaient juste pas conscience du risque auquel ils s’exposaient. Et dire que lorsque les accidents surviennent, ce sont les sorciers et les mauvais esprits qui sont tenus pour responsables.

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Quand la police met en danger la population qu’elle est censée protéger

Publié le 28 avr 2009 dans Kinshasa par Mira, Leki ya Kinshasa

Bagarre entre un policier et un conducteur à Kinshasa

Après les bombes, encore une aventure dans le transport en commun, mais cette fois ci, elle se termine mal. Comme vous pouvez le voir sur la photo, un agent de police routière brutalise le conducteur. La scène, anodine aux yeux de la plupart des kinois se déroule au niveau de la station Ma campagne, dans la commune de Ngaliema.

Le feu vert s’allume, toutes les voitures s’arrêtent. Sans raison, 3 policiers se placent devant notre véhicule. L’un d’eux ouvre la portière brutalement et ordonne aux passagers de descendre. Le policier prend place à bord du véhicule. Il sort la phrase fétiche des roulages :
- « donnez moi vos documents… ».
« Je veux bien vous les donner, mais dites moi d’abord pour quelle raison », lui répond le conducteur.

Sans un mot, l’agent cherche à retirer la clé de la voiture. Le chauffeur s’y oppose et met le véhicule en marche. La course se termine dans le petit caniveau qui longe la chaussée. Nous descendons tous du véhicule, sans choc visible en tout cas.

Mais cette discussion dont l’objectif était de soustraire l’argent au chauffeur pouvait bien se terminer en un accident mortel. Tous débrouillards, policiers et conducteurs se livrent au quotidien au jeu du chat et de la souris. Si l’un veut à tout prix ramasser du pognon pour ramener à manger à ses enfants le soir, l’autre ne veut pas facilement lâcher le fruit de son travail.

Les victimes de cet état des choses sont les clients qui sont obligés d’aller se battre à nouveau pour trouver une place à bord d’un autre véhicule. Nos chers gouvernants dans tout ça ? Ils roulent tranquille au volants des grosses cylindrées achetées avec l’argent de l’état. Ne vivant pas eux-mêmes ces difficultés au quotidien, ils ne se sentent sans doute pas directement concernés. Difficile donc d’attendre quelconque intervention de leur part pour faire cesser les pratiques honteuses des agents de police.

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