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Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir

Publié le 23 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

une dalle de l'office de drainage de Léopoldville

Nous sommes sur l’avenue Tombalbaye dans la commune de la Gombe, en plein centre de la capitale congolaise. Lors de mon passage sur cette avenue, mon attention a été attirée par cet objet de l’époque coloniale. Cette dalle en acier a été posée là par le service urbain et de drainage de Léopoldville. Elle n’a pas bougé depuis plus de 60 ans. Les kinois qui passent par ce coin la foulent des pieds sans trop se rendre compte de sa valeur historique.

L’histoire, pendant que j’en parle, n’a pas l’air d’emballer les Kinois et plus généralement les congolais. Après l’indépendance en 1960, la plupart des monuments de l’époque coloniale ont tout simplement été démolis. Les autres traces historiques sont progressivement effacées. Difficile dans ce contexte pour les jeunes générations de suivre l’évolution de l’histoire de leur pays.

Même si la phrase « Histoire ba changeaka yango te » traduction : «  l’histoire ne se réécrit pas » revient souvent dans la chanson congolaise, chaque régime politique la réécrit à sa sauce. Les noms des avenues et autres places publiques changent régulièrement au point qu’on s’y perd.

Quelqu’un a dit un jour qu’un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Comment préparer l’avenir sans savoir d’où nous venons ?

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Recyclage à la congolaise, une question de survie

Publié le 18 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un recycleur de Kinshasa en train de fouiller dans les ordures

Nous sommes en pleine capitale congolaise et l’homme sur la photo n’est pas fou. Il s’agit d’un père de famille à la recherche d’un trésor. Son terrain de recherche, les poubelles publiques à ciel ouvert comme on en trouve un peu partout à Kinshasa.

Ce qu’il cherche, ce sont des bouteilles en plastique, des boites de lait vides et autres objets

jetés par les nantis « batu ya mbongo ». Après ramassage, ces objets sont lavés rapidement puis remis sur le marché. Ils sont très appréciés par bon nombre de Kinois parce que très peu coûteux. Les bouteilles plastiques servent d’emballage aux vendeurs de jus ou de Tangawisi. Les autres trouvailles trouvent toujours un usage qui leur assure une seconde vie.

Ce recyclage à la congolaise est à la fois un métier et un gagne-pain pour de nombreuses personnes. Les conséquences en terme de santé publique ne semblent inquiéter personne pour l’instant. Tant qu’il n’y aura pas d’épidémie grave, c’est sûr que personne ne lèvera le petit doigt.

Les élus qui ont promis monts et merveilles aux congolais sont sans doute occupés à préparer les discours pour les prochaines élections qui doivent se tenir dans un peu moins de deux ans. « Mais quelles promesses allons-nous brandir cette fois-ci à ces électeurs », doivent-ils se demander.

Entre temps, les électeurs, experts du très célèbre article 15 congolais trouvent toujours des combines pour survivre. A défaut de sauver la planète comme le prônent les écologistes ailleurs dans le monde, les recycleurs congolais sauvent avant tout leur peau. La planète est le dernier de leurs soucis. Ne dit-on pas d’ailleurs que la charité bien ordonnée commence par soi-même?

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Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Publié le 12 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Kinshasa, capitale mondiale du sachet !

Pas besoin de les chercher, ils sont partout ! Les sachets et autres matières plastiques utilisés pour emballer les marchandises couvrent le sol de la capitale congolaise. Alors que plusieurs pays de la sous-région interdisent l’usage de ces types d’emballages, à Kinshasa, ils sont champions. En essayant de regarder dans le passé, je me souviens qu’il y a une dizaine d’années, les sachets étaient plus rares.

A l’époque, les marchands se servaient d’emballages en papier. Les vieux journaux ou les vieilles archives de la fonction publique servaient à tout emballer. Farine de manioc ou cacahouètes grillées étaient alors emballés soigneusement emballages qu’on dirait aujourd’hui propres. Pour les fonctionnaires, la vente de papier représentait même une source sûre de revenus.

Pourquoi cette montée en puissance du sachet ?
Les avis divergent. Selon certaines personnes que j’ai pu interroger, le sachet est plus sécurisant que le papier. Il emballerait mieux les marchandises que son prédécesseur. Monsieur papier laissait passer les microbes alors que son successeur est étanche. Ce que les partisans du sachet ont l’air d’ignorer c’est qu’il est l’un des grands ennemis de l’écosystème et qu’il empêche que l’eau de pluie pénètre dans la terre.

Des voix s’élèvent et des initiatives voient de temps en temps le jour pour essayer de résoudre le problème des emballages plastiques mais rien n’y fait ! Dernière initiative en date, un politicien qui se revendique écologiste avait initié une activité de collecte des sachets dans la capitale congolaise. Il remettait alors 1 dollar américain à chaque personne qui ramenait un kilogramme de sachets. Malheureusement, cette initiative n’a duré que l’espace de quelques semaines. Le problème est resté entier aujourd’hui. Kinshasa la belle est devenue Kinshasa poubelle.

Pendant ce temps, des autorisations sont accordées à des usines de fabrication des sachets et d’autres matières plastiques dans la capitale.

Alors que l’écologie et le respect de la nature sont au centre de débats un peu partout dans le monde, les kinois ne semblent pas préoccupés par ces questions, sans doute trop occupés à se débrouiller.

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