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Femmes congolaises, moteurs de l’économie

Publié le 25 mai 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Une vendeuse de mangues dans une rue de Kinshasa

Les congolaises détiennent plus que quiconque le secret de la formule qui permet de vivre dans un pays où le taux de chômage avoisine les 80 % et trouver la petite combine qui permet de gagner son pain au quotidien. La dame sur la photo ne déroge pas à la règle. Vendeuse des fruits depuis l’âge de 18 ans, cette activité constitue sa seule source de revenus. « J’avais que 18 ans quand j’ai commencé et aujourd’hui j’en ai 50. J’ai tenté d’autres activités mais ça n’a pas réussi », confie-t-elle.

Tous les jours elle achète une centaine de mangues, ce qui revient à environs 8000 FC. Elle passe alors la journée avec sa bassinne sur la tête, à la recherche de clients. A la fin de la journée, elle parvient à se faire un bénéfice qui avoisine les 7000 FC. « Je dépense tout au plus 5000 FC pour la nourriture du jour. Les 2000 FC qui restent, je les épargne pour me dépanner en cas de problème ».

Loin de faire l’unanimité, cette femme fait partie de ces ouvrières qui veillent sur le semblant de stabilité qui règne en république démocratique du Congo. De véritables fourmis qui travaillent sans fléchir et sans se plaindre et qui entretiennent leurs familles. Humanitaires par excellence, on en croise tous les jours, autant dans les rues de Kinshasa que dans les pistes boueuses de nos campagnes, mais nous oublions souvent de les remercier pour leur dévouement et pour leur engagement.

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Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Publié le 25 mar 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Un mètre 70, teint plus ou moins clair, silhouette fine, toujours avec son mouchoir de tête, Mireille Makila est enseignante au Complexe scolaire Sabwene, une petite école privée de la périphérie de Kinshasa.

Mariée et mère de deux enfants, cette jeune femme de 30 ans aime son métier, bien qu’elle s’y retrouve par la force des choses. « Je n’avais jamais pensé devenir un jour enseignante. Je voulais plutôt être infirmière », révèle-t-elle. « C’est un peu faute de mieux que je me suis retrouvé dans l’enseignement. »

Diplômée d’Etat en Pédagogie générale du Lycée  Ntolu Tondo dans le Bandundu, en 2003, Mireille a alors gagné Kinshasa avec son mari pour chercher de l’emploi. « Quand je suis arrivée ici, j’ai déposé une demande dans cette école et on m’a recruté. Cela fait 3 ans que j’enseigne en 3è année primaire. »

Congolaise, enseignante et amoureuse de son travail…

Mme Makila encadre 40 élèves, filles et garçons. Des enfants issus de familles modestes qui habitent le quartier. Son salaire ? Environ 50 dollars américains. Une somme insignifiante pour une mère de famille. Comment fait-elle pour joindre les deux bouts ? « Nous faisons le ristourne avec les collègues. C’est comme ça que nous parvenons à nous en sortir », répond-elle.

Pensez-vous arrêter d’enseigner et redevenir infirmière ? « Non, c’est déjà passé. Je me sens bien en étant enseignante. »

Comme cette dame, ils sont nombreux, sous-payés, très peu considérés dans la société, mais autant volontaires pour assurer la formation de la jeunesse congolaise.

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Les professeurs de l’université de Kinshasa en grève depuis plus d’un mois

Publié le 24 mar 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les professeurs de l'université de Kinshasa en grève depuis plus d'un mois

Voilà plus d’un mois que les professeurs de l’Université de Kinshasa sont entrés en grève. Un mouvement de protestation qui se radicalise, les enseignants jugeant que leurs revendications ne sont pas prises en compte par le gouvernement. Pour en savoir plus sur cette grève, nous nous sommes entretenus avec le professeur Anthoine Kitombole, président de l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN).

Professeur dites-nous pourquoi vous avez déclenché la grève ?

Nous revendiquons deux points : d’abord un statut particulier aux professeurs en suite un barème salarial qui avait été d’abord adopté à l’assemblée en première lecture, puis rejeté en deuxième lecture. Nous pensons que ce barème même rejeté par le parlement, le gouvernement peut nous l’appliquer.

Qu’entendez vous par un statut particulier ?

Un statut particulier c’est-à-dire traiter un professeur suivant son rang. Donc  nous situer dans la société c’est à dire qu’il y ait  de la considération pour les formateur des formateurs, parce que les professeurs forment les hauts cadre de la république et nous pensons qu’ils méritent une position social du à leur  rang.

Et le nouveau barème que vous réclamez, c’est quoi ? A combien vous voulez être traité ?

C’est un barème que nous réclamons depuis des années. C’est depuis 2004 que nous a promis qu’en 2006, le professeur ordinaire aura 2100 dollars, et jusqu’à ce jour, 2100 dollars nous ne les avons jamais eu. Mais cette fois ils ont été adoptés, mais en deuxième lecture ça était rejeté. Nous pensons qu’il est grand temps que le professeur ordinaire ait quand même ces 2000 dollars. Ce n’est pas trop demander à la république. Cela va améliorer les conditions de travail et de vie des professeurs.

Mais comment faites vous aujourd’hui pour survivre ?

Nous donnons des coups de mains par ci par là, dans d’autres institutions. Nous sommes presque dispersés et nous perdons de l’efficacité en essayant de donner cours à gauche à droite. Nous voulons que le professeur se consacre aux vrais problèmes du pays plutôt que de s’éparpiller.

Est-ce que vous pensez qu’il y a assez d’argent pour répondre à votre demande ?

Oui, la première chose c’est que le budget a été préparé par les experts du ministère du budget. Le même budget déposé au parlement, les parlementaires ont trouvé des recettes additionnelles. C’est montré aux experts que vous n’avez assez travaillé et si vous travaillez encore un peu vous aurez plus que ce nous avons trouvé.  Les parlementaires ont prouvé à suffisance qu’il y a de l’argent pour payer tout le monde.

En initiant cette grève, vous pensez que la situation sera décantée ?

Nous espérons que notre action va réactiver les choses. Les choses sont entrain peut être de se dérouler à une vitesse  plus lente, et nous pensons qu’avec ce que nous faisons, on pourra trouver une solution rapide.

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Les câbles meurtriers de la SNEL font une nouvelle victime

Publié le 6 jan 2010 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les câbles meurtriers de la SNEL font une nouvelle victime

Parmi les faits divers les plus fréquents dans la capitale congolaise, les électrocutions détiennent la palme. Ce n’est plus un secret pour personne. Au fil des années, les câbles de la SNEL sont sortis de terre et arpentent les rues des principaux quartiers. Les jours de pluie, le mélange explosif entre le non fonctionnement du système d’évacuation des eaux et la présence des câbles dans la rue fait plusieurs victimes.

Il y a quelques jours, une dame d’une cinquantaine d’années a trouvé la mort par électrocution dans la commune de Lingwala, près du centre-ville. « Cette maman revenait de l’hôpital après la pluie. Elle a voulu enjamber une flaque d’eau, mais malheureusement elle a glissé et s’est retrouvée sur le câble électrique », raconte un témoin de la scène. « Ce cas n’est pas le premier à cet endroit. Nous l’avons signalé à la SNEL, mais il n’y a aucune réaction. »

Ne pouvant plus trop compter sur les agents de la Société nationale d’électricité, les kinois ont appris à bricoler les installations. A chaque panne, les jeunes gens font du porte-à-porte pour récolter de l’argent et courent ensuite acheter des câbles au marché noir. Ils se démènent ensuite comme ils peuvent pur réparer. Le choix est volontairement porté sur des câbles délabrés et sans valeur, pour éviter qu’ils ne soient volés. Vu la fréquence des pannes, les câbles sont désormais laissés en plein air pour ne pas creuser à chaque fois que le besoin de bricoler se présente.

S’il y a eu plein de discours et de promesses autour de la réhabilitation des infrastructures de la SNEL, la réalité montre qu’il y en a qui préfèrent garder le mode de fonctionnement actuel. Pourquoi réhabiliter alors qu’on peut faire payer des factures même quand l’électricité n’est pas distribuée ?

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Business autour de la prochaine éclipse solaire

Publié le 23 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un panneau d'annonce d'une éclipse solaire à Kinshasa

Des panneaux d’annonce de l’éclipse lunaire qui devrait se produire le 15 janvier 2010 sont visibles dans différents coins de la capitale congolaise. C’est le cas de celle-ci que j’ai pu prendre en photo et qui est placé entre les communes de Lemba et Matete.

Sur les panneaux, des détails sont donnés sur l’heure à laquelle devrait avoir lieu l’éclipse dans chaque ville du pays. Il y figure aussi un conseil : « Ne regardez pas l’éclipse sans lunettes appropriées. Cela peut entraîner des lésions des yeux ».

Curieux, j’ai appelé le numéro affiché sur le panneau. « Oui monsieur, nous vendons les lunettes ici. Une paire revient à 2800 FC et si tu paies plusieurs paires, on te fera une réduction », m’a-t-on répondu à l’agence qui s’occupe de la commercialisation des lunettes de protection.

Ce que je trouve surprenant c’est de voir la campagne de sensibilisation menée par une agence privée qui en profite en même temps pour se faire du chiffre par la vente des lunettes de protection dont on ne peut même pas vérifier l’efficacité. Aucune campagne officielle de sensibilisation jusque-là et les médias ne semblent pas non plus s’intéresser à la question.

Encore une fois, il faudra compter sur la débrouillardise des congolais pour se protéger. Je me souviens de la ruée vers les vieux clichés de radiologie lors de la dernière éclipse. Avec du fil de fer, ces plaques en plastique servaient à fabriquer des lunettes de protection anti-éclipse made in Congo.

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Un cadeau de Noël pour les conducteurs de la capitale

Publié le 16 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un cadeau de Noël pour les conducteurs de la capitale

Depuis la fin de la semaine dernière, le contrôle des documents de bord est stoppé  sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa. Cette période dite de « courtoisie routière » s’étendra jusqu’au début de l’année prochaine. Selon l’esprit de la décision, il s’agit de permettre aux conducteurs d’avoir assez de moyens pour s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis de l’état. Il s’agit aussi de leur offrir l’opportunité de bien passer les festivités de fin d’année.

C’est le moment de voir toutes sortes de véhicules en circulation. Même ceux qui étaient déjà déclassés reviennent sur la route. « C’est une très bonne chose. Nous allons quand même respirer. On en avait marre des tracasseries policières et des différents agents de l’Etat. On pourra maintenant faire des économies », se réjouissait un des conducteurs que j’ai rencontré.

Ce n’est pas la première fois, des opérations du genre reviennent assez régulièrement. Toute l’année, les policiers de la route jouent à cache-cache avec les conducteurs. La majorité des chauffeurs ne sont pas en règle et préfèrent lâcher quelques billets aux agents à chaque contrôle, plutôt que de se mettre en règle.

Les roulages sont les perdants dans l’histoire. Pendant près d’un mois, ils n’auront pas le droit de rançonner les conducteurs. Cette mesure constitue pour eux un manque à gagner de taille. Le malaise est d’ailleurs perceptible sur les routes. Les policiers censés réguler la circulation travaillent moins, ce qui occasionne des embouteillages monstres.

J’en connais qui attendent au tournant les conducteurs lorsque la mesure de courtoisie sera levée.

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La criminalité, une affaire qui marche dans la capitale congolaise

Publié le 7 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Les dames s'accrochent à leurs sacs en main pour les protéger des badauds à Kinshasa

Kinshasa, place victoire dans la commune de Kalamu. Nous sommes ici dans l’un des endroits les plus fréquentée et un des plus grands centres d’échanges de la capitale congolaise. La place de la Victoire est aussi célèbre pour le nombre d’enfants de la rue appelés Shegués qui y trainent, à la recherche de clients à plumer. Ce sont eux les maîtres ici. Ils excellent dans plusieurs activités, toutes axées autour de la débrouille.

Ils sont crieurs, porteurs de fardeaux, manutentionnaires, commissionnaires mais également pickpockets à leurs heures perdues. Les premières et grandes victimes sont les dames. Elles auront beaucoup perdu, de téléphones portables, de bijoux, de l’argent, et plusieurs autres biens de valeur.

Les victimes ont inventé une nouvelle technique de protection des sacs. Il s’agit de les bloquer avec un bras et de toutes ses forces et de les placer devant soi, histoire de contrôler tout mouvement. La photo ci-dessus illustre bien la technique.

« J’ai déjà perdu à deux reprises des téléphones portables. J’ai retenu la leçon et je fais désormais attention », m’a révélé une jeune fille que j’ai vu serrer son sac très fort contre elle. Si cette technique de protection marche, il ne s’agit pas d’une garantie de sécurité absolue. Dans ce coin où le vol et l’escroquerie se portent bien, les malfrats débordent d’imagination pour inventer de nouvelles tactiques.

S’il est vrai que la criminalité est une affaire qui marche dans la plupart des grandes villes dans le monde, la cerise sur le gâteau à Kinshasa c’est que les policiers semblent totalement dépassés par les événements ou tout simplement désintéressés.

Les kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les flics lorsqu’ils réussissent à mettre la main sur un brigand. Ils s’en occupent eux-mêmes parce qu’ils savent qu’en remettant les bandits aux mains de la police, ils se retrouvent en liberté quelques jours plus tard et reprennent avec leurs combines. Les plus réputés des caïds des cités de la capitale se font d’ailleurs surnommer « ba kanga ba cracas, balemba ». Traduction imparfaite : « qui a réussi à fatiguer ceux qui le menottent ».

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Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Publié le 5 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Le beau temps après la pluie ? Pas à Kinshasa

Après la pluie c’est le beau temps, dit-on. Dans la capitale congolaise, ce n’est pas le cas. Kin la belle devenue Kin poubelle, offre une image propre à elle après les averses.

Il y a quelques jours, alors que je rendais visite à une amie dans la commune de Kimbaseke, je me suis fait surprendre par la pluie. Le retour vers chez moi s’est transformé en cauchemar. Les rues cabossées se sont transformées en marres. Dans ces moments, les caniveaux remplis d’ordures ne servent à rien.

Plus qu’habitués à leurs lacs en pleine ville ont développé des capacités hors du commun. Il faut les voir sauter d’une rive à l’autre.
Cette situation a donné naissance à de nouveaux métiers. A certains endroits, des chariots servent à faire traverser ceux qui ne sont pas assez courageux pour patauger dans la boue. Certains jeunes proposent leurs dos pour faire traverser qui veut, en échange de quelques francs congolais. Gare cependant aux câbles dénudés qui trainent un peu partout.

On serait presque tenté de se plaindre et de demander au ciel de ne plus déverser sur nous toute cette eau mais savoir qu’il y a des gens sur terre qui prient pour avoir quelques gouttes calme.

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La vie chère, les Kinois s’en plaignent

Publié le 3 déc 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

Un tableau d'affichage du taux d'échange dans une rue de Kinshasa

Le dollar américain se négocie à ce jour autour de 900 francs congolais. Mais la tendance est déjà à la hausse. Dans certains coins, les tableaux affichent 910 ou 920 FC pour 1 dollar. Cette situation alimente toutes les conversations à Kinshasa étant donné que cette dépréciation du franc congolais face à la monnaie américaine a un impact direct sur les prix des biens et services.

Le prix du carburant connaît une hausse d’environ 20% à la pompe. Le coût du transport en commun déjà très difficile a pris l’escalier. Les produits de première nécessité ne sont pas en reste. Une maman que j’ai rencontré ce matin, visiblement dépassée par la situation n’a eu que ces mots « Nous, nous n’avons pas à dire. Nous sommes devenus des spectateurs. C’est la jeunesse qui dirige, nous l’observons. »

Un gobelet de riz qui se négociait à 500 Francs Congolais revient actuellement à 800 FC. Celui de haricot revient aujourd’hui 900 FC alors qu’il ya peu il se vendait à 700 FC. La mesure de farine de maïs se vend actuellement à 600 FC alors qu’elle coutait 400FC.

Cette tendance à la dépréciation n’est pas nouvelle mais ce que qui est drôle c’est que du côté des officiels, on se cache désormais derrière la crise économique mondiale.

Personne n’a l’air de reconnaître que cette hausse des prix des denrées de première nécessité est en grande partie due au fait que des produits agricoles pourrissent dans les zones rurales faute de routes pour les acheminer dans les centres urbains.

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Les enfants sans droits de la république démocratique du Congo

Publié le 25 nov 2009 dans Kinshasa par Mwana Kin, leki ya Kinshasa

En marge de la célébration du 20e anniversaire de la convention relative aux droits des enfants, j’ai entrepris de regarder autour de moi ce qu’il en était. Neuf années après la ratification de ce document par notre pays, il y a de plus en plus d’enfants dans les rues. Certains enfants travaillent pour compléter le budget familial et d’autres sont purement et simplement enrôlés au sein des groupes armés.

Pour fêter à ma manière cet anniversaire, je suis allé à la rencontre de quelques uns de ces enfants travailleurs qui m’ont livré les secrets de leurs business.

« Droits de l’enfant ? J’en ai entendu parler, mais je dois vous avouer que je ne sais pas grand-chose de ce que cela implique », m’a répondu le premier enfant que j’ai rencontré. Le jeune garçon m’a confirmé qu’il n’allait plus à l’école depuis des années à cause du manque des moyens. « J’ai arrêté les études en 3e année des humanités. Mes parents ne pouvaient plus me prendre en charge. Maintenant pour survivre, je vends des cakes. Avec ce commerce, je peux réunir quotidiennement jusqu’à 5000 FC. Avec cet argent, je peux offrir à manger à mes petits frères et me vêtir », m’a-t-il confié.

« Je sais que les enfants ont droits à l’éducation, à être intelligent. Ils doivent aussi respecter leurs parents et les grandes personnes », m’a laissé entendre e deuxième gamin à qui j’ai posé la question de savoir ce qu’il entendait par « droits de l’enfant ».

Au-delà des discours et des célébrations, le tableau de la situation des enfants en RDC est sombre. Les droits les plus fondamentaux des plus jeunes sont purement et simplement foulés des pieds. Une fois par an, le 21 novembre, tout le monde sursaute et commémore en attendant l’année suivante. Entre temps, cette jeunesse qui est censée prendre la relève et piloter le Congo de demain patauge dans la misère et la débrouillardise.

Je veux bien être optimiste mais la réalité que je vis au quotidien me pousse plutôt à me poser des questions sur l’avenir de mon pays avec une jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus tournée vers l’article 15.

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