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Bukavu : Exode rural au Sud Kivu, qui cultivera les champs ?

Publié le 13 jan 2009 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Une boutique à Bukavu

L’insécurité et la pauvreté dans les zones rurales de la province du Sud-Kivu poussent bon nombre de jeunes à se déplacer vers le centre urbain. Ils vendent ainsi leurs terres et à leur arrivée dans l’agglomération, certains s’affairent à des taches ménagères dans des familles contre une petite rémunération, et d’autres se lancent dans des petits commerces.

« Pendant la guerre, des hommes armés sont passés dans mon village et ont enrôlé de force tous les jeunes. J’y ai échappé parce que j’étais aux champs au moment de leur passage. J’ai suis venu m’installer à Bukavu et je survis grâce à mon petit commerce », raconte Mushagalusa, un jeune homme qui tient une petite échoppe où il vend bonbons, biscuits, cigarettes et d’autres articles. Sa boutique lui sert en même temps de lieu de travail, de cuisine et de chambre à coucher, une fois la nuit tombée.

Ils sont nombreux à vivre dans les mêmes conditions que Mushagalusa. Cela fait donc moins de mains pour accomplir les travaux champêtres. Les habitants de ces villages qui fournissaient jadis les villes en légumes, fruits et autres denrées abandonnent leurs terres pour venir chercher refuge en ville.

Et dire que tous les mouvements armés qui sévissent dans la région prétendent œuvrer pour le bien être de la population et défendre ses intérêts…

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Kinshasa : Rareté de touristes en RDC, une difficulté majeure pour les vendeurs d’objets d’art

Publié le 7 jan 2009 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

 Une vendeuse de tapis Luba à Kinshasa

Agée d’une quarantaine d’années, Maman Malu vend des tapis en raphia au marché Bikeko de la gare centrale de Kinshasa depuis 1998. « J’étais mariée à un blanc qui aimait embellir la maison avec des objets d’art. C’est comme cela que je me suis intéressée aussi à la chose » confie-t-elle.

Cette activité générait beaucoup de revenus avant les nombreuses guerres qui ont secoué la RDC. Aujourd’hui, il est difficile pour cette femme et pour ses collègues de vivre de ce commerce. « C’est parce que les touristes se font rares que nos produits ne s’écoulent plus facilement. Lorsque nous essayons de voyager pour vendre nos marchandises à l’étranger, nous sommes butés à des difficultés avec les histoires de visa et autres », ajoute-t-elle.

A la question de savoir pourquoi ce marché semble exclusivement destiné à des clients étrangers, une réponse claire : la majeure partie de la population congolaise est occupée par la lutte quotidienne pour rester en vie et gagner son pain quotidien. Dans ce contexte, l’art n’a que très peu d’intérêt.

Espérant des jours meilleurs, Maman Malu et ses autres collègues ne baissent pas les bras. Malgré toutes les difficultés rencontrées, ils se rendent tous les matins au marché et prennent d’assaut les rares touristes qui se risquent encore dans la capitale congolaise.

Cet exemple prouve bien que la population congolaise ne profite en rien de tous ces conflits qui rongent le pays. Serait-ce utopique d’espérer retrouver un Congo en paix, uni et fort, attirant des touristes provenant des 4 coins de la planète ?

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Kinshasa : Un match de foot pour aider les victimes de la guerre à l’Est de la RDC

Publié le 26 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Le stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa

Cinquième journée à Kinshasa. En suivant la radio nationale Congolaise (RTNC) ce matin, je sursaute lorsque j’entends le journaliste annoncer à la fin de son journal que la Fondation Shabani Nonda en collaboration avec l’association des footballeurs congolais organisent un match de gala ce samedi 27 décembre 2008, au stade des martyrs de la pentecôte à Kinshasa. Ce match opposera l’équipe nationale locale et les joueurs congolais évoluant à l’étranger.

« Ce match est placé sous le signe de la paix et de l’unité nationale. Les recettes obtenues au cours de cette rencontre serviront à l’achat de vivres et non vivres à envoyer aux déplacés et autres victimes de la guerre au Nord et au Sud Kivu », disait le journaliste.

Je trouve que cette initiative est louable mais je me demande combien de temps nous, habitants des Kivu allons nous contenter de dons. Ce que nous voulons vraiment c’est la paix. Cultiver nos terres, vendre nos produits et arriver ainsi à subvenir aux besoins de nos familles.

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Kinshasa : La capitale est donc une poubelle?

Publié le 23 déc 2008 dans Kinshasa par Joy, Leki ya Bukavu

Une grande flaque deau dans une rue de Kinshasa

Voilà quatre jours que je suis à Kinshasa pour participer à la formation dans le cadre du projet « Ba Leki ». Le spectacle qui s’offre à moi est bien différent de ce que j’aurais pu imaginer.

Des magasins et boutiques VIP, des cabines téléphoniques et des jeeps stationnées… mais où?

Des flaques d’eau pleines de moustiques et de déchets en tous genres avec une odeur nauséabonde entourent ces endroits VIP de Kinshasa et ça ne dérange visiblement personne.

Tumba, un jeune homme d’une quinzaine d’années, assis sur un banc devant un tas de sachets et de boîtes de sardines vend des cartes téléphoniques. « Je ne cherche que l’argent, cette odeur ne m’intéresse pas », déclare-t-il.

Les clients sont obligés parfois de marcher, insouciants dans ces ordures pour se procurer des produits qu’ils désirent dans des boutiques et magasins. Le chantier de la salubrité publique n’est pas encore une réalité dans la capitale de la RDC et je crains que cela ne dure encore longtemps.

Madame Suzanne qui vend des beignets à Kingasani, un quartier populaire de Kinshasa, pense pour sa part que les Congolais sont immunisés contre les maladies liées à la saleté. « Nous sommes habituées à notre saleté, on est là depuis des années et on ne tombe jamais malade. Nous résistons pour faire vivre nos familles », affirme-t-elle.

Et dire que bon nombre de jeunes de Bukavu, ma ville, caressent le rêve de gagner la capitale pour découvrir la beauté de la grande ville.

Comme qui dirait : les rêves sont toujours permis mais la réalité déçoit souvent…

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Bukavu : Pêche interdite sur le lac Kivu

Publié le 10 déc 2008 dans Bukavu par Joy, Leki ya Bukavu

Pirogues de pêcheurs sur le lac Kivu

Le lac Kivu sera fermé pour trois mois à partir du 30 décembre prochain. Cette décision des autorités locales inquiète les nombreux pêcheurs qui alimentent en poisson la ville de Bukavu et qui n’ont pas d’autre moyen de subsistance. « C’est une décision illégale et inhumaine. Nous allons crever de faim avec nos familles » déclarent-ils.

Pour l’inspecteur chef du bureau chargé de la pêche à la division provinciale de l’environnement et conservation de la nature, cette décision est prise pour faire face à la baisse de la production de poisson sur le lac Kivu. « Les pêcheurs ne respectent pas les normes de pêche et se rendent parfois dans les baies où il y a seulement des œufs pour pêcher. On est obligé de fermer momentanément le lac pour permettre à ces œufs d’éclore et de grandir » affirme Mr Tabino Mutingano.

Les militaires des forces navales sont instruits de faire respecter cette décision en arrêtant les pêcheurs qui vont désobéir.

Le poisson du lac Kivu est l’un des aliments de base pour les Bukaviens. Avec la somme de deux cents francs Congolais, il est possible de se procurer des fretins pour un repas de midi, et ce pour une famille de quatre personnes. Du très bon et bien gros tilapia, on peut en avoir 4 pour mille francs Congolais (un peu moins de 2 dollars américains). Cette mesure n’occasionnera-t-elle pas la rareté et en même temps la montée des prix du poisson ?

On verra bien sûr lorsque la mesure entrera en application.

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