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Kinshasa : Quand le bénéfice prime sur l’hygiène…

Publié le 20 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Livraison de pain à Kinshasa

Par un total hasard, je me retrouve un matin au parking de l’UPN pour prendre un taxi. Le décor habituel est bien planté : cris des « chargeurs », invitant les clients à prendre place à bord des taxis, commerçants ambulants et pickpockets attendant patiemment leur bonne affaire de la journée.

Sortant du décor, une voiture grise, vient se garer à quelques mètres de moi. Un homme en descend et commence à étaler des bâches par terre, derrière le véhicule. Une fois cette tâche achevée, il ouvre le coffre et commence à décharger du pain sur les bâches étendues dans la poussière.

Après quelques minutes, c’était une petite montagne de pain que j’avais devant moi. Regardant autour de moi, je me rends compte que je suis la seule à être impressionnée par ce spectacle.

Après une enquête rapide avec les habitués de ce lieu, j’apprends qu’il s’agit là d’une livraison normale. Une des grandes boulangeries de la capitale balance ainsi des quantités importantes de pain. Finissant sa livraison, le livreur referma le coffre de sa voiture, discuta quelques minutes avec ses clientes, quelques dames qui attendaient avec leurs bassines et s’en alla. A partir de ce moment, ces femmes débrouillardes prennent la relève et vont se charger de la distribution du pain dans les foyers du quartier.

Entre la livraison et la vente, l’hygiène n’a visiblement pas d’importance. C’est visiblement le bénéfice qui compte. Combien de microbes et de maladies circulent ainsi dans ces miches savoureuses ? Les sorciers étant considérés responsables de tous les malheurs, ceux qui ingurgiteront ces pains et qui se retrouveront avec une fièvre typhoïde n’iront pas voir un médecin mais plutôt un « pasteur » pour se faire exorciser…

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Kinshasa : Des gris-gris dans les poches, comme dans les champs

Publié le 6 jan 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Des fétiches dans un champ de maïs à Kinshasa

A proximité du tunnel que j’emprunte tous les jours pour me rendre à l’arrêt de bus, il y a quelques plants de maïs. Je n’avais jamais vraiment fait attention à ce petit champ, jusqu’au jour où j’ai remarqué de petits paquets de tissus rouges attachés à certaines plantes. me renseignant sur leur utilité, j’ai appris qu’il s’agissait de gris-gris destinés à décourager d’éventuels voleurs. Cette drôle de découverte me pousse à me poser une question : les oiseaux auraient-ils peur de ces fétiches au point d’éviter de picorer les grains de mais ?

Fiction ou réalité, je me rends compte que le Congolais, qu’il soit de Kinshasa ou de l’intérieur du pays, reste attaché à des croyances ancestrales même quand elles ne sont pas rationelles. Il y a quelques jours, alors que j’étais à bord d’un taxi collectif (qu’on partage à 4 et parfois à 5, sans compter le chauffeur),  j’ai participé à une discussion fort intéréssante. Les autres passagers qui voyageaient avec moi discutaient à propos de la dextérité des pickpockets de Kinshasa. Le premier qui se disait chef coutumier pretendait que nul ne pouvait lui dérober son bien et rester impuni. Et le deuxième d’évoquer la vie du village : « les habitants de mon village ne fermaient pas leurs portes, même lorsqu’ils allaient aux champs, parce que justement personne n’oserait voler, de peur d’en devenir fou, ou pire, d’en mourir », affirmait-il.

Au marché, les commerçantes truffent leurs produits de piments rouges, censés les protéger contre les personnes mal intentionnées. Je m’interroge aujourd’hui sur l’impact de ces croyances dans l’épanouissement du Congolais. Et parfois, dans une vision peut-être un peu exagérée, ces croyances m’apparaissent comme des racines qui nous empêchent d’avoir des ailes.

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Kinshasa : L’UPN rend impraticable l’entrée de l’avenue 24 novembre

Publié le 24 déc 2008 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Une flaque d'eau à proximité de l'université pédagogique nationale

Ce matin, en quittant la maison pour me rendre à l’arrêt de bus, je suis passée par une brèche de la clôture de l’université pédagogique nationale, UPN. Un genre de « tunnel » qui permet d’éviter la rivière formée à l’entrée de l’avenue 24 novembre. Par l’eau de pluie pensez-vous? Si seulement c’était cela! Figurez-vous que la grande Université Pédagogique Nationale vide ses fosses sceptiques dans la rue!

Chaque soir, ils ouvrent les vannes et c’est une véritable cascade d’horreur qui se déverse librement, et généreusement, le long de l’avenue. Et s’il pleut cette nuit là, c’est un bon mélange qui vous attend le matin. Et l’odeur? Ne m’en parlez pas. Depuis que je suis obligée de passer par là, je suis passée maître en exercice de respiration. Si rien n’est fait, je pourrais peut-être prétendre à une compétition de natation. Une nouvelle possibilité de carrière si jamais le journalisme me fatigue. Pourvu que le choléra ne m’emporte pas d’ici là…

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