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Le calvaire des locataires

Publié le 7 juil 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Maison à louer au quartier Kimbangu, à Kinshasa

Ma cousine Gertrude a deux enfants en bas âge. Avec son mari, ils louent un studio au quartier Kimbangu, dans la commune de Kalamu. Pour la rendre plus commode, la pièce de 8 mètres carrés a été divisée en deux à l’aide d’un rideau. Ils paient un bail de 25 dollars par mois et ont du payer 10 mois de garantie locative. Loyer raisonnable, diriez-vous ? Pourtant depuis 3 mois, la propriétaire leur a demandé de libérer sa « maison ». Elle veut en augmenter le prix du loyer. Mais pour ce qui est de rembourser la garantie locative, c’est une autre affaire. Les locataires doivent attendre qu’elle leur trouve un remplaçant, car elle a depuis longtemps dépensé leur garantie locative. Des locataires qui se retrouvent prisonniers, en somme.

Les locataires doivent en plus supporter la mauvaise humeur de la bailleresse et ses caprices. Ma cousine ne doit pas jeter de l’eau dans la cour, ne doit pas puiser trop d’eau au robinet commun. Ses enfants ne doivent pas jouer trop bruyamment. Et pire encore, la bailleresse garde les clés des toilettes sur elle. Des toilettes à la turque que, pour utiliser, il faut avoir l’accord de la proprio. Et encore, il ne faut pas y aller plusieurs fois par jour. On risque de remplir la fosse sceptique !

La vie des locataires à Kinshasa ressemble parfois à un vrai calvaire. Dans le même quartier, une de mes amies habitait une « cour commune », comme on appelle les parcelles de plusieurs studios, mais qui ne disposent que d’une cour unique. Cette parcelle ne disposait pas de toilette. Juste un couloir où on pouvait se laver… et uriner. Pour des besoins plus sérieux, mon amie devait se retenir et se rendre jusque dans la commune de Limete, chez sa grande sœur.

Et l’Etat dans tout ça ? Inexistant ! Espérons qu’avec le rétablissement de l’impôt parcellaire, les services d’hygiènes qui veillaient aux conditions sanitaires des parcelles ressusciteront en même temps…

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Après le 30 juin, plus de téléphone pour les personnes non identifiées

Publié le 25 juin 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Téléphone

« Merci de remplir votre fiche d’identification d’abonnés au shop le plus proche. Tout abonné non enregistré au 30/06/09 pourrait ne plus accéder au service ». La compagnie téléphonique à laquelle je suis abonné durcit le ton. Et cette fois, avec un ultimatum.

Depuis mars 2009, l’identification des abonnés des opérateurs téléphoniques est devenue obligatoire, sur demande du gouvernement. Selon le communiqué annonçant cette décision, la mesure est dictée par « des raisons de sécurité et de maintien de l’ordre public ». Mais de bouche à oreille, on apprenait que des membres du gouvernement (peut-être encore plus haut)  auraient reçu des messages anonymes « indésirables ».

Donc, pour éviter ce genre de désagrément à l’avenir, le gouvernement exige que chaque détenteur de numéro de téléphone soit identifié. Les opérateurs des télécommunications avaient 3 mois, à partir de mars, pour se conformer à cette mesure. Dans le cas contraire, ils verront leur service interrompu.

Chaque jour, des milliers de cartes Sim sont vendues à des inconnus, sans aucune identification préalable. Certaines ne valent pas plus de 200 francs congolais [0,25 USD]. Les puces sont parfois utilisées à usage unique. Les gens changent de numéro de téléphone, ou de réseau, comme ils changent de chemises.

Une identification utile pourrait concerner les téléphones fixes. Malheureusement, ils n’existent plus depuis des années dans mon pays ! Une chose est presque sûre, après l’expiration du délai, les cartes Sim continueront à être vendues sans aucune identification. A moins que cette fois-ci les autorités congolaises rompent avec les vieilles habitudes qui consistent à lancer des mesures qui ne sont jamais appliquées.

Attendons de voir après le 30 juin…

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Bienvenue sur le boulevard de la mort

Publié le 24 mai 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Boulevard du 30 juin

Dimanche dernier, alors qu’une amie m’avait invité à déjeuner, nous sommes passés par le boulevard du 30 juin pour nous rendre au centre culturel français de Kinshasa. Comme tous les dimanches et les jours fériés, la circulation était fluide. L’occasion pour les conducteurs de se déchaîner sur cette route nouvellement réhabilitée par les chinois dans le cadre des 5 chantiers.

Et oui ! Le boulevard du 30 juin a été débarrassé de ses nombreux nid-de-poule et même du terreplein qui le coupait en deux et qui séparait les deux sens de la circulation. Il est beaucoup plus agréable de rouler sur une vraie route. Par contre, aucune signalisation. Pas de feux, pas de tracés pour guider les piétons, Rien ! On dirait une marre aux crocodiles. Les véhicules roulent à toute vitesse sans se soucier des piétons qui désirent traverser.

Déjà, entre chauffeurs, c’est à celui qui roulera le plus vite. Conséquences logiques, les accidents se multiplient.

Nouveau visage, nouvelle appellation. Le boulevard du 30 juin se fait désormais appeler « boulevard de la mort ».

Un chantier qui devrait sans doute s’ajouter à la liste de ceux dont on parle actuellement : l’éducation des conducteurs Kinois qui pour la plupart ne passent pas par l’autoécole. Et comme chez nous le permis de conduire ne se passe pas mais s’achète, imaginez le nombre d’autodidactes au volant sur les routes de la capitale. En attendant la réalisation de cet autre chantier, le seul recours reste la prudence.

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5 chantiers : le programme politique des uns fait le malheur des autres

Publié le 29 avr 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Démolition de constructions anarchiques dans un quartier de Kinshasa

Il y a quelques semaines, en face du camp Kokolo, sur le site dénommé Koweit, on pouvait remarquer de belles maisons en construction dont certaines de plusieurs étages. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Les bulldozers de l’hôtel de ville de Kinshasa sont passés et toutes ces maisons ont été détruites.

C’est plusieurs milliers de dollars qui sont partis en fumée. Pourtant, la majorité des habitants qui occupaient ce site possédaient des titres de propriété en bonne et due forme.

Que s’est-il donc passé ? C’est tout simplement que dans le cadre des 5 chantiers du chef de l’Etat, ce site est réquisitionné pour la construction d’un centre hospitalier. Aux propriétaires lésés, une promesse d’indemnisation qui ne sera pas proportionnelle aux dommages causés. Déjà faudrait-il que cette indemnisation soit effective. Entre-temps, les habitants de ce quartier sont jetés dans la rue,, sans option de rechange.

Pendant que les malheureux propriétaires font le deuil, un business se forme autour des décombres. On peut s’y procurer toutes sortes de matériaux de construction seconde main: briques, barres de fer, caillasse, moellons, et j’en passe. Ils ont été récupérés avant, pendant et même après la destruction des maisons. Hommes, femmes ou enfants, telles des mouches sur de la viande fraîche, se sont jetés sur les ruines pour récupérer ce qui pourrait être réutilisable, et donc vendable. Souci écologique ou de recyclage me direz-vous ? Permettez-moi de vous décevoir en vous disant qu’il ne s’agit que d’un souci de survie.

Comment en vouloir à ces débrouillards quand on sait que l’emploi est denrée rare à Kinshasa ? Puisque les propriétaires de ces maisons n’en profiteront pas, tant mieux si quelques familles dans la misère trouvent du bénéfice dans cette énième démolition.

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Le rond-point Mandela a déménagé !

Publié le 9 avr 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Le monument de la paix du rond-point mandela à Kinshasa

Le très célèbre rond-point Nelson Mandela, le monument de la paix qui se dressait fièrement au croisement du boulevard du 30 juin et de l’avenue de la libération (ex. 24 novembre) n’est plus. Un grand vide pour les habitués de ce coin de la capitale.

La disparition de ce monument tombe comme une annonce nécrologique. C’est le sentiment d’avoir perdu quelqu’un, pour ne pas dire quelque chose de précieux qui m’a assailli lorsque j’ai vu ce repère de toujours, volatilisé. A sa place, rien. Sinon une route plate et dure. Une vraie piste d’atterrissage. Nostalgie ? Sans doute.

Ce monument n’est pas le premier bien sûr. Celui dédié à la femme, érigé au rond point Socimat a subi le même sort. Les responsables ? Les Chinois bien sûr, metteurs en scène des fameux 5 chantiers.

Mais on ne leur en veut pas tellement. Surtout depuis qu’on a remarqué la qualité du travail abattu jusque là. Le seul hic, c’est plutôt du côté quantité. Leur rythme de travail est jugé trop lent. Quand arriveront-ils dans les quartiers résidentiels, se demande-t-on. Et surtout, personne ne connaît le plan selon lequel ils travaillent. C’est comme ça quand on travaille sous le « haut patronage du chef de l’Etat » en RDC. On n’a de comptes à rendre à personne !

La grande colombe de la paix repose désormais sur l’avenue de la justice, au bord de la route, ailes déployées, transportant la terre dans des lauriers. Est-ce temporaire, définitif ? Voyons voir.

Photo : Dany Masson 

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Kinshasa : Taxi-bus, le transport du pauvre

Publié le 31 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un taxi-bus Kinois vu de l'intérieur

Le taxi bus, «ngombol», comme les appellent les Kinois est le moyen de transport le plus utilisé des Kinois. Le confort et la sécurité ne sont pas des obligations. Souvent, marchandises et passagers sont entassés. Il y a quelques semaines, je suis montée dans un taxi-bus et dès que j’y posais le pied, je regrettais de n’avoir pas attendu un taxi. Il y régnait une odeur de «bitoyo», ce poisson salé dont la province du Katanga a le secret. Sous le banc en bois, sur lequel trois autres personnes étaient déjà installées, des clients avaient coincé des sacs de marchandises. Conséquence, je ne savais pas où placer mes jambes.

Le taxi-bus n’étant pas très grand, il y régnait une promiscuité désagréable. Le propriétaire du véhicule, voulant sans doute transporter le plus de « têtes » possibles, a calé les bancs si près les uns des autres, que le voisin de devant est pratiquement assis sur vos genoux. Encore heureux qu’il n’y ait plus que quatre passagers par bancs au lieu de cinq, comme c’était le cas il n’y a pas si longtemps.

Après avoir parcouru de longues distances à bord de ce genre de véhicules, sur des routes aussi mauvaises que celles de Kinshasa, on a l’impression d’avoir le derrière en béton. Pour prévenir ce malheur, on se sent obligé de gigoter toutes les 5 minutes, prenant la liberté de déranger un peu le voisin. Finalement, n’y tenant plus, je suis descendue avant mon arrêt, préférant changer de véhicule plutôt que de supporter cette situation plus longtemps.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Pendant que les gens du pouvoir se baladent en 4×4 climatisés, la population, dans la misère, continue à trimer. Chacun essayant de s’en sortir au mieux. Dans ces conditions, comment condamner celui qui récupère un véhicule de livraison, y place des bancs en bois, puis se lance dans le transport en commun pour avoir de quoi manger tous les jours ?

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Kinshasa : Une ville sans service anti-incendie

Publié le 17 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un véhicule incendié dans une rue de Kinshasa

Il y a quelques jours, en rentrant le soir chez moi après le travail, le véhicule qui me transportait s’est retrouvé coincé dans un embouteillage. Surgissant de nulle part, un homme visiblement paniqué est venu demander un extincteur au conducteur qui me ramenait. Naturellement, ce dernier n’en avait pas.

« Mon Dieu, la Mercedes va brûler », s’écria l’infortuné. C’est à ce moment que j’ai vu une Mercedes blanche en feu devant un marché, à quelques mètres de moi. Il y avait plusieurs personnes autour de la voiture mais personne ne cherchait à faire quoi que ce soit. Plusieurs minutes plus tard, un homme est arrivé avec du sable, à peine une poignée, qu’il a jeté sur le feu, sans succès.

Entre-temps, le conducteur de la voiture dans laquelle je me trouvais a réussi à s’extirper de l’embouteillage et à s’élancer sur la route. Le lendemain, en repassant par la même route, et j’ai aperçu la voiture de la veille, complètement calcinée. Pire, pendant la nuit, les portières et autres pièces avaient disparu. Sans doute une œuvre des récupérateurs de métaux.

Ainsi va la vie à Kinshasa. Les pompiers sont une race à part et le matériel anti-incendie un luxe. Dans une ville dont la population est estimée à 8 millions d’habitants, on compte moins d’une dizaine de véhicules anti-incendie qui n’opèrent que dans le centre-ville, où habitent les nantis. Les citoyens lambda peuvent toujours brûler.

Connaissant bien cette réalité, les Kinois ne se donnent même plus la peine d’appeler les pompiers, beaucoup plus réputés pour leur capacité à arroser les décombres et compter victimes plutôt qu’à éteindre les flammes. En cas d’incendie, la solution est bien connue : sauver l’essentiel et se tirer vite fait.

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Kinshasa : Des immondices pour combler les ravins

Publié le 12 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Décharge publique à l'entrée de l'université pédagogique national

« De deux maux choisir le moindre ». Cette sentence de Socrate trouve tout son sens à Kinshasa. Déjà, mes compatriotes n’éprouvent aucune gêne à créer des décharges publiques à l’entrée de leurs maisons ou avenues. Il semble en effet plus facile pour les Kinois d’enjamber ces immondices plutôt que de réfléchir au moyen de s’en débarrasser.

Aujourd’hui, cette pratique devenue monnaie courante à travers les quartiers de la ville, et même dans les universités, ces milieux dits intellectuels, est défendue et justifiée. L’excuse, c’est qu’il est question de combattre les érosions. C’est ainsi qu’on se retrouve marchant sur des tapis d’immondices dans plusieurs coins de la capitale congolaise.

Un exemple : l’entrée de l’université pédagogique nationale. Pour freiner le début d’un glissement de terrain du à l’eau de pluie, les étudiants ont transformé cet endroit en une énorme poubelle. Et comme les immondices ne se séparent jamais de leurs odeurs, il faut pratiquement retenir sa respiration pour passer par là. Et tous les jours, à toute heure, étudiants et professeurs entrent et sortent de l’université en passant par leur poubelle bien aimée.

C’est quand donc que les étudiants se mettront à appliquer ce qu’ils apprennent en cours ? Au lieu de chercher des solutions efficaces pour chasser un mal, on se contente de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Une solution qui se révèlera au bout, n’être qu’un autre problème. Et face à ce genre de situation, l’excuse bien aimée des Kinois reste : « l’état doit trouver une solution ». A en croire qu’ils ne se sont pas encore rendus compte que ceux qui sont censés représenter l’état ne font pas de la salubrité une priorité.

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Kinshasa : Une vie de fou, oubliés par l’Etat!

Publié le 4 mar 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Un fou couché dans une fosse à Kinshasa

Pas loin de chez moi il y a quelques jours, j’ai vu un jeune homme lorgner, l’air inquiet, dans un grand trou au bord du chemin, avant de poursuivre sa route. Curieuse, je me suis approchée pour voir ce qui pouvait bien se passer. Quelle ne fut ma surprise de voir un fou, endormi paisiblement au fond de la fosse d’une profondeur de près de 3 mètres, creusé par les jeunes du quartier pour retenir les eaux de pluie responsables des érosions.

N’eut été le fait qu’il ait bougé précisément au moment où j’arrivais, je l’aurais cru mort. Cette scène ne devrait normalement pas me surprendre. A Kinshasa, les fous ont la liberté de trainer où ils veulent. Comme l’Etat les ignore délibérément, chacun essaie de s’en sortir comme il peut. Certains s’installent aux abords des décharges publiques, qu’ils considèrent comme leur garde-manger, d’autres encore en plein centre-ville, sous l’œil indifférent des administratifs.

Au meilleur des cas, ces malades mentaux amusent les passants par leurs drôleries, au pire, ils les agressent, constituant ainsi un danger public permanent. Dans certains quartiers, on évite d’emprunter certaines artères de peur de tomber sur le fou du coin. Et il n’est pas rare de retrouver le corps d’un fou, mort pendant la nuit, et on ne saura jamais de quoi.

En santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, l’Etat congolais est démissionnaire. Il n’y a qu’à visiter le CNPP, Centre neuropsychopathologie du Mont-Amba, autrefois réputé pour ses éminents médecins et son matériel de pointe, pour se rendre compte que réellement, en matière de santé publique, la RDC n’est pas encore sortie de l’auberge. Et ce n’est pas pour demain la veille !

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Kinshasa : En attendant les Chinois, les jeunes se transforment en « ingénieurs maisons »

Publié le 24 fév 2009 dans Kinshasa par Elle, leki ya Kinshasa

Jeunes gens réparant une ligne électrique à Kinshasa

Scène normale et même banale près de chez moi. Sous un soleil de plomb, un groupe de jeunes gens s’activent autour de la cabine électrique du quartier. Pelles et sac de sables en mains, ils tentent d’aplanir le terrain, afin de permettre le passage des véhicules. Pourtant, à ce niveau, plusieurs câbles électriques sortent dangereusement de terre.

Ruphin, un jeune du quartier, et ses amis travaillent à enterrer ces câbles. Ils poseront ensuite des sacs remplis de sable dessus pour permettre aux véhiculer de passer. L’entreprise peut se révéler dangereuse. Heureusement, affirme Ruphin, ils ont demandé à la SNEL (Société nationale d’électricité) d’interrompre momentanément la distribution d’électricité pendant qu’ils travaillent. Un agent de la société d’électricité est d’ailleurs présent sur les lieux, en observateur !

Les jeunes comptent aussi en profiter pour rafistoler un câble électrique usé. Ces jeunes s’y connaissent-ils seulement en électricité ? « Oui », rassure Ruphin. « Certains d’entre nous sont de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliqués), d’autres ont appris sur le tas ». Selon une jeune femme qui passe par là, les Chinois sont venus prospecter sur cette avenue il y a plusieurs mois. « Ils sont repartis. Et depuis, plus rien. Heureusement que les jeunes sont aussi débrouillards », se réjouit-elle.

Sans trop poser de questions, je les laisse alors à leur travail, un peu déçue de devoir manquer d’électricité chez moi mais me disant en même temps que c’est pour la bonne cause. L’avenue réhabilitée, les véhicules pourront se rendre plus facilement dans mon quartier.

Plus tard dans la soirée, alors que les travaux étaient achevés et l’électricité rétablie, Ruphin a fait du Porte-à-porte pour vérifier qu’il n’y avait aucun problème d’électricité.

Ainsi va la vie au Congo, où cohabitent politiciens très peu soucieux du bien être du peuple et population n’attendant plus rien de ses dirigeants mais se débrouillant toute seule pour résoudre ses problèmes.

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