Contorsion, le nouveau gagne-pain des jeunes dans la capitale congolaise
Publié le 6 juil 2010 dans Kinshasa par Cédric

Ils trainent autour des nombreux bars de la capitale. Kintambo, Bandalungwa, Rond-point huileries… Ce sont plutôt les coins qui bougent qui les attirent. Les jeunes contorsionnistes kinois offrent un spectacle hallucinant, en échange de quelques francs.
Certains sont très jeunes. C’est le cas de Judith que j’ai croisé à Bandal. Âgée d’à peine 12 ans, elle contribue déjà au budget familial. Dans la journée, c’est une enfant comme les autres mais c’est en début de soirée qu’elle va travailler. « J’attends que les bars se remplissent. Plus les clients sont nombreux, plus j’ai la chance de recevoir un peu d’argent« , confie-t-elle. N’allez pas associer sa jeunesse à de la naïveté ou à l’absence du sens des affaires. La jeune fille embauche un assistant. Le jeune homme plus âgé qu’elle l’accompagne et l’aide à porter les outils de travail.
Pour la moitié du prix d’une bière (500 franc congolais = 0,50$), les ambianceurs de la capitale sont prêts à s’offrir un petit spectacle, tout en sirotant une bière bien fraiche. Le spectacle intrigue et les commentaires sont variés. Si certains y voient une prouesse inhabituelle, les plus superstitieux parlent d’intervention mystique. « C’est de la sorcellerie. comment est-ce possible de plier son corps de la sorte« , ai-je pu entendre.
A la fin de la journée, le partage des recettes se fait à l’abri des regards. « Je ne gagne pas des millions mais je me retrouve quotidiennement avec 5000 francs congolais (5 dollars américains). Cela me permet contribuer au budget familial« , révèle la jeune acrobate.
Absente il y a deux ans, la contorsion gagne les rues de Kinshasa et attire de plus en plus de jeunes. La concurrence se fait déjà rude dans le domaine. Quelques jours après avoir rencontré Judith, j’ai croisé un autre duo de contorsionnistes (la vidéo). Jeunes également, ils trainent aux alentours du « Safoutier », un bar situé à proximité du rond-point huileries, dans la commune de Lingwala. Chacun ratisse les bars de son secteur, en attendant que ça aille mieux. Si certains rêvent d’un vrai cirque et d’un encadrement, d’autres se disent prêts à laisser tomber lorsque Papa et Maman n’auront plus besoin de leur contribution pour subvenir aux besoin de la famille.












