Un cireur de chaussures dans une rue de Kinshasa

Une phrase assez pessimiste revient souvent à Kinshasa : « Congo ekobonga te » traduisez : « Le Congo ne sortira jamais de ce trou dans lequel il se trouve ». J’avoue que ce pessimisme je l’ai parfois. Il m’arrive de perdre espoir quant à une issue de sortie de crise pour mon pays. Une lueur d’espoir revient tout de même lorsque je vois tous ces congolais débrouillards, las de se plaindre, mais qui travaillent dur pour gagner leur pain quotidien.

Pas loin de chez moi, à la place Kintambo Magasin, je croise souvent ceux que les Kinois appellent « cireurs » ou abusivement « cirageurs ». Ils sont jeunes, souvent très peu ou pas du tout instruits. Tous les jours, ils sillonnent les artères de la ville, les yeux sur les chaussures des passants et leur proposent de les nettoyer. Une boite de cirage, une brosse à chaussures et une petite boite en bois suffisent pour se lancer dans ce business.

Je me suis rapproché de l’un de ces jeunes. Âgé de 15 ans, il exerce ce métier depuis 2007. «J’exige entre 100 et 200 francs congolais par prestation et je réunis environ 2000 francs congolais (environ 3 dollars américains) tous les jours. Ce n’est pas beaucoup mais ça me permet de me payer à manger et de me vêtir», m’a-t-il confié. «Je n’attends rien des politiciens qui ont toujours de bons discours. Je n’ai pas l’intention d’attendre que les 5 chantiers débutent effectivement pour manger. Mon travail me permet d’être indépendant et de ne pas plonger dans le vol ou la mendicité comme le font d’autres jeunes de mon âge», ajoute le jeune homme.

Les difficultés ne manquent pas au quotidien. Les clients insolvables ou encore les rencontres indésirables sont les principaux ennemis.

Si la témérité de ce jeune congolais est louable, la question du long se pose. Quel sera l’avenir du Congo avec de plus en plus de jeunes obligés de se débrouiller et de recourir aux petites tâches pour survivre ?

This article has 3 comments

  1. Alex Engwete Reply

    Belle photo… J’espère que le petit sait au moins lire et écrire. Je remarque que ces petits n’ont pas majoré leur facture depuis 2006 !… Eza mawa, selon Tongo Etani…

  2. gangoueus Reply

    Bonjour Walto,

    Concernant ce jeune homme, est-il toujours en famille ou est-ce un enfant de la rue?

  3. Bely21 Reply

    Il faut faire attention avec ces petits cireurs. Bon nombre d'entre eux sont des filous. Au lieu d'utiliser du cirage normale, ils vous cirent les chaussures avec un melange de cendre de pneus brulé et du petrole. Resultat, vos chaussures passent du cuir à "peau de croco" en l'espace d'une nuit. Croco, allusion faite aux écailles qui pousseront de vos chaussures en réaction du fameux mélange chimique du cirage made in Kinshasa.
    Ne dit-on pas la "faim" et non "fin" justifie les moyens (rires ☺☺☺!!!).

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