Policiers congolais

La semaine dernière, en plein milieu de la nuit alors que je dormais paisiblement, des coups de feu ont retenti dans le voisinage. Au réveil le matin, j’ai appris mes voisins avaient reçu la visite d’hommes armés. Solidarité africaine oblige, j’ai entrepris d’aller les consoler. Arrivé sur place, je me suis conter l’horrible scène par ma voisine : « Ces bandits ont profité de l’absence de mon mari pour nous attaquer. 3 d’entre eux ont emmené ma fille de 15 ans à l’extérieur. Quelques minutes plus tard, je l’ai entendu hurler; elle venait de se faire violer. Les 4 autres qui surveillaient et qui nous empêchaient de bouger ont voulu faire la même chose à ma fille de 21 ans. Celle-ci leur a remis 400 dollars pour sauver sa peau. Ils ont emportés le téléphone de mon fils, les bijoux et même mon alliance. »

La suite de l’histoire c’est qu’après le départ des brigands, ma voisine a vite fait d’alerter son mari. Quittant son lieu de travail pour rejoindre son domicile vers 4 heures du matin, il a croisé une patrouille de la police « d’intervention rapide ». « Je me suis dit que c’était une chance de les croiser et je me suis rapproché d’eux pour leur raconter le drame que venait de subir ma famille. Ils m’ont embarqué dans leur véhicule et accompagné jusqu’à l’entrée de ma rue. Et là, ils ont pris soin de vider mes poches des 20.000 francs congolais que j’avais sur moi. Ils m’ont ravi mon téléphone et se sont même rués sur le sachet de pains que je ramenais pour les enfants. Ils m’ont abandonnés là et sont partis », m’a-t-il raconté.

Cette histoire triste et révoltante remet sur le tapis le comportement incivique des hommes en uniforme dans mon pays. Au Congo, croiser un agent de police n’est pas rassurant. Ça fait même très peur. Remettre un bandit aux mains des policiers ne sert à rien parce qu’on sait très bien qu’il sera relâché quelques minutes plus tard s’il paie.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on recrute des bandits au sein des forces de l’ordre. L’uniforme et le flingue qu’ils portent ne servent pas à veiller sur la population mais plutôt à la terroriser et à la rançonner.

This article has 10 comments

  1. franck baku Reply

    C’est vraiment révoltant ce comportement. Cela ne grandit pas la police. Il faut réformer ce corps institué pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Au lieu de cela, les postes de police servent plutôt de « parking » payant où chaque véhicule débourse 500 fc/nuit. c’est plus lucratif, semble-t-il.

  2. simon kwete Reply

    Mira, cette histoire fait rire et pitié en même temps. Quand le récrutement dans la police se fait au hasard, il ne doit que y avoir des bandits dans leur rang. Chez nous, l’armée et la police sont devenues des déversoirs de la pourriture de la société Congolaise alors que c’est la colonne vertébrale ou le fondement de l’Etat. Tout celui qui a échoué dans les autres domaines de la vie, se fait embaucher par l’Etat, comment tu veux que les choses marchent correctement.
    Dans notre Pays, le problème est dans la société qui doit subir une réfondation totale et c’est ici ou je réjoind un ancien ami sur le blog de Cédric, monsieur OURAGAN.

  3. tongo etani Reply

    C’est triste de voir notre pays sombrer dans les méandres de la misère. La police et l’armée ne rassurent plus la population.

    C’est quoi cette MANIE DE TOUJOURS VIOLER? ras le bol d’un pays à la dérive.

    Le recrutement des policiers et des militaires doit se faire au minimum avec un curriculum vitae, un bac, un certficat de bonnes moeurs MAWABLE 🙁 🙁 🙁

    Prof.tongo etani

  4. Matabish Reply

    Malheureusement, les « services » de sécurité (police, armée,…), continuent d’être des éléments perturbateurs !

    Quand bien même, il y aurait recrutement sous conditions, où le candidat irait chercher les documents demandés ? En sachant que l’administration est en faillite.

    Il y a un immense boulot à faire.

  5. anneet jacques Reply

    Votre exemple de Kin est comme selui que je rapporte ci-après est une raison de plus pour supprimer toute police ou armée nationale en RDC
    Tshela : des policiers accusés de « vente » des filles mineures à des soldats angolais
    Selon l’Ambassade chrétienne pour la paix au Congo, une ONG basée au Bas Congo, des policiers commis au poste frontalier de Kikwango Mbemba, entre Tshela et la province angolaise de Cabinda, entretiennent un trafic de jeunes filles. Ces mineures sont mariées de force à des soldats angolais. Selon le président national de cette ONG, bien que l’affaire soit déjà en justice, les policiers impliqués n’ont jamais été interpellés par les autorités judiciaires,rapporte la radio onusienne Okapi.
    Jonas Tsundu Tsundu, président de cette ONG, explique : « Un certain agent du « bureau 2 » de la police fait le trafic des enfants filles mineures. Il prend la commission chez les troupes angolaises, il reçoit l’argent de la dot en lieu et place des parents, à leur insu et même sans le consentement des victimes. Ils les donnent en mariages aux troupes angolaises. Nous avons entendu les parents qui ne savaient pas que leurs enfants étaient commercialisées par notre propre police qui est censée les protéger. Le commandant chargé du « bureau 2 » de la police du Bas fleuve a rendu témoignage, lui-même, qu’il a déjà sauvé de justesse une fille mineure de 13 ans à la frontière de Mayidi, qu’on a failli aussi commercialiser pour un mariage forcé. On se demande, dans notre territoire, quand des pratiques comme ça se passent, quelle est la position de leur chef direct ? Est ce que ces gens la sont punis ? »
    Selon le commissaire de district du Bas fleuve, ce trafic est effectif. Il rassure, sans les dévoiler, que des dispositions ont été prises pour mettre fin à cette pratique.
    Tshela, 28/01/2009 (OKAPI/MCN, via mediacongo.net)
    La solution est dans la constitution de forces locales de protection car au moins elles respecteront les us et coutumes de la population.

  6. Alex Engwete Reply

    On comprend maintenant pourquoi aux USA, détenir une arme chez soi pour protéger sa famille est garanti par le Deuxième Amendement de la Constitution américaine. Il y a d’ailleurs une ville dans l’Etat de l’Utah où c’est une infraction punie par la loi, pour un résident, d’être trouvé par la police sans arme sur soi. Quand je suis à Kin, à l’insu de ma famille, je m’arrange toujours pour louer un pistolet automatique de l’un de mes anciens « masua » de l’armée : c’est illégal, mais je m’en fous ! Et le voyou en uniforme qui se hasardera à commettre une invasion de domicile chez moi ira retrouver son créateur avec un œil en moins ! Tous les blancs de Kin ont d’ailleurs des armes à feu chez eux…

    Tongo Etani parle de diplôme des humanités pour être recruté dans l’armée. Cela ne suffit pas. Encore faut-il passer par un concours de sélection. Sous Mobutu, j’avais une licence quand je m’étais enrôlé à l’armée. Et malgré ma licence, j’ai eu à passer par un concours rigoureux. Il y a deux ans, je crois, j’ai vu un documentaire de la RTBF montrant l’exercice de brassage des officiers « simbas » qu’on incorpore aujourd’hui dans les FARDC : tout un lieutenant d’infanterie qui ne sait pas lire une carte ! Pas étonnant de voir ces gens prendre la poudre d’escampette sur le champ de bataille dès qu’il y a un froissement de feuilles dans la brousse…

    A la même période (voici deux ans), des examinateurs de l’Armée de l’air française sont allés recruter des étudiants de l’Université de Kinshasa pour une formation de pilote de la Force Aérienne congolaise. Outre le concours de mathématiques, les candidats devaient rédiger une petite dissertation portant ce titre : « La guerre est-elle un moyen ou une fin en soi ? » J’ai eu le triste privilège de lire l’une des copies de ces dissertations : le pauvre garçon parlait de moyens matériels (armements) et de la « fin » de la guerre en Irak ! Horrifiés, les examinateurs français n’ont retenu aucun candidat ! C’est donc dire qu’un diplôme des humanités ne suffit plus au Congo…

  7. tongo etani Reply

    @ Alex,

    Merci sur les éclaircissements, nos militaires, après leurs déboires sur le champs de bataille, viennent se venger chez les civils qui ne sont pas armés, prochainement, j’essayerais de me procurer un révolver smith and wesson pour ma sécurité, ces militaires violeurs, dès que tu essaies de tirer sur lui, ils prennent la poudre d’escampette.

    La sécurité pose problème au Congo, on tire la nuit, le soir les policiers, militaires agents de sécurité se transforment en truands MAWA TROP.

    Muyomba(oncle) Prof.tongo etani

  8. Matabish Reply

    Ces militaires armés (!) qui trainent en ville, ils devraient aller cultiver le champ au lieu de tracasser la population civile! Des rotations de 6 mois à la caserne / 6 mois au champ.

    En Europe, les moins qualifiés peuvent intégrer l’armée. Là ils apprennent un métier (électricien, mécanicien, maçon, caméraman, photographe,etc…) en plus du métier spécifique de soldat.

  9. guy Reply

    Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur que vient de vivre cette famille; c’est la honte pour notre pays en général, et en particulier pour ces pseudos policiers; et ce qui est désolant c’est les recruteurs de ces pseudos policiers. Y-a-t-il chez nous de personnes habilitées, compétentes, qualifiées pour ce type de mission?

    Ces pseudos policiers viennent-ils s’inscrire volontairement, ou c’est par un appel des autorités? Quels sont les critères de recrutement? je pense que pour être policier, il faut au moins un minimum de niveau intellectuel, le baccalauréat par exemple, et une bonne formation, avec de tests psychologiques au préalable, pour connaître les candidats.

    Vous savez, le roi Salomon le sage disait: quand la révolte règne dans un pays, les chefs se multiplient, mais avec un homme intelligent qui a du savoir, l’ordre règne (proverbes28:2).

    Bien des hommes pensent être sur le bon chemin, et pourtant ils se trouvent sur une voie qui, finalement, mène à la mort. Les conseils que je pourrais donner à ceux qui sont au pays c’est de connaître leurs droits, et doivent commencer à porter plainte, même si cela n’aboutira pas forcement à une arrestation, ou à un procès.

    Et pour cette famille, je compatis. Que DIEU vous soutienne et qu’il vous réconforte. Ne baissez pas les bras.

    P.S: le viol est un crime; et pourquoi le congolais est-il aussi obsédé autant par le sexe de la femme?

    Mes pensées vont surtout à cette fillette, humiliée, bafouée, dans l’opprobre. La police est là pour mettre la population en confiance, et non le contraire.

  10. mikiliste Reply

    effectivement, c’est désolant de voir notre pays sombrer dans autant de haine et de comportements honteux.

    Le viol est un acte punissable par notre loi (mais aussi par le droit international), mais dur est de constater que les policiers, sensé protéger la nation, sont de commun accord avec les criminels et les libèrent quelques minutes après leur arrestation.

    Effectivement le pays a besoin d’une élite , tant militaire que policière.

    Dans d’autres cieux (je parlerai spécialement de la Belgique), la formation militaire et policière est très exigente.
    Mis à part une formation physique et intellectuelle, il y a également une formation caractérielle. on vous apprend à vous faire aimer par la population, à aimer votre pays et à vous battre pour la sauvegarde des intérets de la nation et de la population.

    On vous apprend également à respecter les lois du pays, et bien sûr on vous montre que le non respect des lois conduit d’office à des poursuites judiciaires ( avec exemple à l’appui).
    Nul n’est au dessus de la loi.

    En réponse à Alex: la formation militaire doit être encore plus exigente. Pour la lecture de carte, même ici en formation militaire, il y a des exercices, et on apprend à utiliser la boussole. Je peux te garantir que cela semble facile, mais en réalité c’est quelque peu complexe au début.

    Egalement le pays est responsable de tout ce mal.

    Tout d’abord, il n’arrive pas à conscientiser correctement les forces de l’ordre public( tant militaire que policière).

    Ensuite, la prise en charge de ces militaires n’est pas effective. Quoi de plus navrants d’ouvrir ces portes à toutes les personnes qui se présentent, s’il n’y a pas de sélection véritable et de prise en charge (au minimum sur le plan pécunier) de ces militaires??
    J’ai vu des militaires voler, on voit tous les jours des gendarmes accepter à longueur de journée la corruption en laissant passer des chauffeurs non en règle avec leur document. Croyez vous qu’ils ont vraiment le choix?

    Le pays est irresponsable.

    Résultat de la course: vols, viols, par des inciviques qui sont sensés rendre l’ordre.

    Autre conséquence que l’on oublit parfois: fuite des militaires et soldats formés à l’étranger (Belgique, France,…), par peur d’intégrer un système pourri où le risque de se faire tuer pour ses convictions positives est très grand. Pour d’autres encore, dur réalité que celle de rentrer au pays et de demeurer au « garage » comme on le dit: former pour ne pas exercer et rester à la maison. A quoi ça sert alors?

    Le changement doit venir de tous les niveaux, tant de manière horizontale que verticale.

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