Un roulage se faisant corrompre à Kisangani

Deux nouveaux policiers de roulage œuvrent désormais près de chez moi. Ils ont bien choisi leur lieu de travail, cachés derrière un manguier. Ils surgissent par surprise à l’approche d’une voiture ou d’une moto et là ça ne rigole pas!

J’ai passé du temps à les observer à l’œuvre et j’ai bien compris comment le business marche. Dès qu’une moto ou un véhicule s’approche, ils prennent position, tel un pécheur qui voit un poisson s’approcher de sa ligne, et surgissent au moment M pour barrer la route. Un petit contrôle de papiers s’en suit, quelques billets de banque glissent ensuite et le conducteur peut repartir.

Nos policiers ont ensuite une petite pause, le temps de fumer quelques cigarettes en attendant le prochain poisson. C’est une scène plus que normale qui se répète encore et encore, au vu et au nez de tout le monde sans que cela ne choque qui que ce soit.

A la fin de la journée, ces deux hommes habillés en jaune et bleu auront bien récolté une belle somme d’argent pour le compte non pas du trésor public mais pour le compte de ce qu’ils appellent, dans leur jargon, le « sombe ya watoto » ou le « madesu ya bana » ou encore le « bana basumba » (Traduction : « le pondu pour les enfants » , « les haricots pour enfants » ou encore « de quoi envoyer les enfants aux toilettes »).

En vivant ce genre de scènes, je me rends bien compte que l’Etat congolais est un parent pauvre dont les enfants, agents de police et de l’administration se débrouillent pour manger. La mère patrie, personne ne s’en soucie et la même interrogation qui revient régulièrement : « Ngai moto nakobongisa mboka yango ? » traduisez : « Est-ce moi qui vais reconstruire ce pays en ruines ? »

This article has 5 comments

  1. franck baku Reply

    Belle photo qui dit plus que tous les mots imaginables pour décrire ce mal qui ronge la police depuis des décennies. Le mal est profond. Des policiers qui passent leur temps à racketter les automobilistes méritent sanction. Hélas, la hiérarchie est parfois complice de cette situation.

  2. tongo etani Reply

    Belle photo petit na nga BOYOMAIS,

    Notre pays est dans l’oeil du cyclone de la corruption, les petits larcins des policiers ne valent pas les combines des politiciens et autres généraux, ils ne vivent pas sur une même planète.

    Notre pays doit combattre la corruption à tous les niveaux

    Prof.tongo etani

  3. mikiliste Reply

    combattre la corruption et surtout rémunérer tout le monde selon son travail.

    Pourquoi est ce toujours la même minorité qui se réjouit alors que la masse restante croupit dans la misère??
    Nos autorités devraient avoir honte de voir la population et les membres des forces publics croupir dans la misère, le racket et la mendicité.
    Hélas!!!! cela ne leur fait aucun effet…Homme rempli de haine et d’égoisme….

  4. AfroVoltaire Reply

    [« Ngai moto nakobongisa mboka yango ? » traduisez : « Est-ce moi qui vais reconstruire ce pays en ruines ? » ]

    Soki yo te, nani?

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