Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu

« Ce n’est pas vrai, nos organes ne portent pas chance… », C’est le cri d’alarme des albinos de la ville de Bukavu, réagissant aux nouvelles provenant du Burundi et de la Tanzanie et faisant état d’une chasse généralisée aux albinos. Au mois de novembre dernier, l’ONU dénonçait cette pratique qui avait entrainé notamment le meurtre d’une petite fille de six ans, tuée d’une balle dans la tête pour récupérer ses membres censés apporter la richesse.

Débordant d’imagination et certainement fous, des charlatans ont lancé la rumeur selon laquelle le sang des albinos pouvait être utilisé pour rechercher de l’or et leurs membres pouvaient servir à améliorer la pêche de poissons.

Réagissant face au sujet, Juvénal Lushule, président de l’Association pour la Promotion des Albinos au Sud Kivu a du mal à comprendre : « Pourquoi s’acharne-t-on contre les albinos ? Les membres de mon association qui ont de la famille ou qui font des transactions commerciales au Burundi, ne savent plus s’y rendre et vivent dans la peur. Ils craignent surtout que ces pratiques ne traversent la frontière lorsque les stocks d’organes s’épuiseront dans les deux pays voisins. »

L’association s’est adressée aux autorités locales, réclamant des mesures préventives pour la protection des albinos mais n’a reçu aucune réponse. Pas étonnant quand on sait que les politiciens congolaises, incapables de prévenir, attendent que les tragédies aient lieu pour dépêcher des commissions parlementaires ou encore faire des « dons » aux familles des victimes.

Je comprends parfaitement que les albinos n’aient pas trop envie de se faire charcuter mais j’ai par contre du mal à comprendre qu’en plein 21ème siècle, des croyances de ce genre soient encore répandues et surtout suivies…

Liens : La chasse aux albinos au Burundi (RFI)

This article has 6 comments

  1. franck baku Reply

    C’est tout de même ahurissant cette histoire à dormir débout. C’est inadmissible. Les ONG de défense des droits de l’homme doivent s’impliquer pour éviter la catastrophe. Les albinos ont autant droit à la vie que tous ceux qui ne sont pas frappés par ce que l’on peut qualifier d' »handicap ».

  2. tongo etani Reply

    Nous sommes arrivés à quel stade?

    Foutons la paix à nos compatriotes albinos, en passant, merci franck BAKU, peux-tu me permettre de laisser des messages sur ton blog?
    Merci pour tes réactions, il nous faut une thérapie de groupes pour extirper toutes les bêtises dans nos mentalités Africaines.

    Cédric nazozela promesse, soki oyé INCHALLAH tokokutana, sinon téé nakoya na Kin,na méma yo na MALEWA avec une Primus bien fraîche, j’arrête de donner soif à ALEX… J’aimerais qu’un jour qu’on se retrouve tous avec YA MOKOLO, KASS, ANTONOV, ALEX, OURAGAN, BELY21, WAVRE, BONY, CHANTAL, MFUMI, FRANCK BAKU natiki ba nostalgies, 28 ans na mikili, nous vivons avec des espoirs.

    FOUTEZ LA PAIX A NOS SOEURS ET FRERES, ALBINOS

    Prof. tongo etani

  3. Alex Engwete Reply

    Tongo Etani se demande à quel stade nous sommes arrivés. Je lui réponds par le titre de la série des films américains « Retour vers le futur » : un voyage chaotique entre le passé, le présent et le futur. Qu’on se rappelle d’abord la folle rumeur des disparitions des pénis à Kinshasa, qui a provoqué des lynchages de nos frères ouest-africains et angolais. Il y a un fait-divers qui a défrayé la chronique kinoise il y a quelques mois : un jeune homme est allé voir un féticheur pour devenir riche. Après avoir fait passer le jeune homme par des ablutions à l’eau fétide, le grand-prêtre lui a donné une fatwa pour la mère : « Tu es déjà riche, mais pour finaliser le rituel, rentre chez toi, viole ta mère, tue-la et tu deviendras instantanément riche ! » Et le jeune connard de rentrer chez lui, de violer et de tuer sa mère en pleine journée alors que ses frères et sœurs criaillaient !… Dans les années 1980, je travaillais comme assistant psychologue avec le Père Buffalo dans un centre de reclassement social des « ballados » kinois (les shégués d’aujourd’hui) à Lokandu, près de Kindu. Dans toute la région de Kindu, les hommes chauves vivaient dans la terreur la plus totale : on les décapitait pour les mêmes raisons que les albinos sont aujourd’hui pourchassés : le « nkisi » ou « dawa » pour devenir riche. On avait même arrêté un homme qui est allé déterrer le corps de son père pour en détacher le crâne : de son vivant, l’homme était chauve ! Le problème, pour ce malheureux, c’est que les preneurs n’achetaient que la tête d’un homme chauve décapité vivant. Au lieu d’en rester là, l’homme, portant le crâne de son père dans sa besace, est allé porter plainte au commissariat de police pour abus de confiance !… Les résistants « Maï-Maï », comme leurs prédécesseurs les rebelles simbas de 1964, prétendent qu’ils ont des « dawas » qui transforment les balles en gouttelettes d’eau (d’où « maï » = eau en swahili). Un délire collectif qui est un commentaire sur notre culture !

  4. tongo etani Reply

    @ Alex,

    Nos problèmes viennent aussi de la dégradation de l’éducation nationale, un peuple instruit ne pourra pas se vautrer dans de tels avatars, nous devons instruire, éduquer les masses.

    C’est malheureux pour notre pauvre pays.

    Les albinos ont un problème de pigmentation, ils sont comme nous.

    Dans les années 80, un copain ivoirien de YAMOUSOUKRO m’avait raconter que le vieux Houphuoet pour se maintenir au pouvoir dormait sur les têtes d’albinos qu’on renouveler tous les trois, OYO KI NDOKI TE?

    J’avais conseillé à KOUADIO, d’arrêter de trop boire.

    Prof. tongo etani

  5. Zangiefula Reply

    Honteux et effrayant… Tout ceci pendant que Barack Obama, fils de Kenyan est devenu 44e président des etats unis.

  6. simon kwete Reply

    Il n’y a pas mille moyens pour devenir riche. Tout celui qui veut s’enrichir doit se mettre sans tarder au travail. Du moment ou tu as la maitrise d’un créneau que tu aimes, il faut y associer un minimum de professionnalisme automatiquement l’argent suivra. Le mal des Congolais, nous croyons à la vie facile tout en oubliant que rien peut s’obtenir sans sacrifice sur cette terre des hommes.
    La richesse se construit et c’est pourquoi chez nos amis Européens les entreprises de la famille viennent de plusieurs générations, mais nous par contre nous voulons tout et tout de suite. Que les réveurs laissent les Albinos tranquille, bokomema masumu ya pamba.

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