Une boutique à Bukavu

L’insécurité et la pauvreté dans les zones rurales de la province du Sud-Kivu poussent bon nombre de jeunes à se déplacer vers le centre urbain. Ils vendent ainsi leurs terres et à leur arrivée dans l’agglomération, certains s’affairent à des taches ménagères dans des familles contre une petite rémunération, et d’autres se lancent dans des petits commerces.

« Pendant la guerre, des hommes armés sont passés dans mon village et ont enrôlé de force tous les jeunes. J’y ai échappé parce que j’étais aux champs au moment de leur passage. J’ai suis venu m’installer à Bukavu et je survis grâce à mon petit commerce », raconte Mushagalusa, un jeune homme qui tient une petite échoppe où il vend bonbons, biscuits, cigarettes et d’autres articles. Sa boutique lui sert en même temps de lieu de travail, de cuisine et de chambre à coucher, une fois la nuit tombée.

Ils sont nombreux à vivre dans les mêmes conditions que Mushagalusa. Cela fait donc moins de mains pour accomplir les travaux champêtres. Les habitants de ces villages qui fournissaient jadis les villes en légumes, fruits et autres denrées abandonnent leurs terres pour venir chercher refuge en ville.

Et dire que tous les mouvements armés qui sévissent dans la région prétendent œuvrer pour le bien être de la population et défendre ses intérêts…

This article has 2 comments

  1. franck baku Reply

    Ils sont nombreux les Congolais qui vivent ou plutôt vivotent grâce à la débrouille. La crise est si profonde qu’on se contente de peu. Rentrer au village n’appâte pas tout le monde, hélas. Pourtant, on peut bien vivre là bas avec ses champs. Mais le mirage de la ville fait mauvais effet. c’est dommage

  2. simon kwete Reply

    Joy,

    Merci pour cette belle prise. Pour moi il n’y a pas d’exode rurale à BKV, mais des personnes sont forcées de quitter leurs villages à causes de la guerre. Et d’ailleurs tu le souligne dans ton billet que c’est l’insécurité qui poussent bon nombre des jeunes dans des centres villes. Sinon, comment un être Humain peut accepter de vivre dans des conditions aussi difficile? Je suis très sûr que Mushagalusa n’a pas d’électricité, de l’eau et même les latrines, c’est très compliquer de vivre. Et tout ça fait parti des droits de l’homme. Ce n’est pas seulement quand on arrête quelqu’un sur la route et on le met au cachot injustement qu’il faut crier.
    Le Gouverneur Louis Muderwa doit faire quelque chose sinon il faut le faire partir. C’est dommage en RDCongo les gens votent pour 10$ et un petit tricot.

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