Une vendeuse de tapis Luba à Kinshasa

Agée d’une quarantaine d’années, Maman Malu vend des tapis en raphia au marché Bikeko de la gare centrale de Kinshasa depuis 1998. « J’étais mariée à un blanc qui aimait embellir la maison avec des objets d’art. C’est comme cela que je me suis intéressée aussi à la chose » confie-t-elle.

Cette activité générait beaucoup de revenus avant les nombreuses guerres qui ont secoué la RDC. Aujourd’hui, il est difficile pour cette femme et pour ses collègues de vivre de ce commerce. « C’est parce que les touristes se font rares que nos produits ne s’écoulent plus facilement. Lorsque nous essayons de voyager pour vendre nos marchandises à l’étranger, nous sommes butés à des difficultés avec les histoires de visa et autres », ajoute-t-elle.

A la question de savoir pourquoi ce marché semble exclusivement destiné à des clients étrangers, une réponse claire : la majeure partie de la population congolaise est occupée par la lutte quotidienne pour rester en vie et gagner son pain quotidien. Dans ce contexte, l’art n’a que très peu d’intérêt.

Espérant des jours meilleurs, Maman Malu et ses autres collègues ne baissent pas les bras. Malgré toutes les difficultés rencontrées, ils se rendent tous les matins au marché et prennent d’assaut les rares touristes qui se risquent encore dans la capitale congolaise.

Cet exemple prouve bien que la population congolaise ne profite en rien de tous ces conflits qui rongent le pays. Serait-ce utopique d’espérer retrouver un Congo en paix, uni et fort, attirant des touristes provenant des 4 coins de la planète ?

This article has 6 comments

  1. Alex Engwete Reply

    Belle image et bel exemple d’entreprenariat féminin congolais. Il est vrai que certains articles sont destinés aux touristes et qu’il y en a très peu ces jours-ci chez nous. Mais il y a des éléments de la MONUC qui remplacent dans une certaine mesure les touristes — bien qu’ils soient en majorité indopakistanais et donc radins comme nous, surtout en cette période d’aggravation globale du marasme économique. Maman Malu pourrait aussi penser à diversifier ses activités — dans la restauration (« maléwa ») ou la vente des boissons par exemple : même en période de crise, les gens mangent et boivent…

  2. chovenstone Reply

    Je partage avec tristesse ce probleme non seulement les pours objets d’art mais aussi pour tous les commercants informels.
    Mais tout s’explique par l’insécurité politique qui crée chez les touristes un sentiment sceptique car qui peut souhaiter aller visite un pays dont les unes des journaux internationaux ne mentionnent que des conflits.

    Gardons l’optimisme et je profite pour encourager toute personne qui essaye de sortir de la misère.

  3. kgjerstad Reply

    Les touristes ne vont pas arriver bientôt en RDC :

    1. visa touristique difficile d’obtention et très cher (150 euros pour 3 mois avec lettre d’invitation)

    2. impossibilité d’obtenir le Visa à la frontière, tracasserie à N’Djili et tous les autres points d’entrée

    3. coût et danger de voyager à l’intérieur du pays par avion.

    4. En fait, c’est les durs à cuire qui se rendent en RDC pour l’aventure

    J’avais écris sur la seule entreprise de tourisme de ce nom en 2006. Il serait intéressant de voir où ils en sont. En anglais:

    http://kim.uing.net/1537/home.html?b_pi=13898

  4. simon kwete Reply

    Joy,

    Merci pour cette belle photo. C’est vrai que la guerre et l’insécurité ne peut pas faire avancer le tourisme dans notre pays. Nous sommes condamner maintenant de miser sur le tourisme interne d’abord. Les problèmes existent dans les deux sens càd du côté des vendeurs et du côté des clients, sans oublier les écoles d’architectures qui pouvaient s’imposer en tant que formateurs interdisciplinaires. Les populations Congolaises sont ignorantes « d’une décoration maison » par exemple. Même Mama Malu qui vend les tapis, tu peux lui demander de t’expliquer un peu les dessins qui sont sur ses tapis et qu’est ce qu’un tapis peut apporter dans une maison, je ne suis pas trop sûr qu’elle sera capable.
    La majorité de nos maisons en RDC, les gens déposent les meubles, les tapis comme ils peuvent et on ne regarde pas tous les aspects décorations. Nous achetons les choses vues chez un ami ou une connaissance alors que ces objets ne sont pas réellement à la porté de notre maison. Où sont nos architectes intérieurs pour nous conseiller, pousser à acheter des articles selon nos moyens et nos maisons. Nous nous cachons toujours dérrière la pauvrété or nous achetons tous des habits griffé qui ne coûtent pas 30$.

  5. helenerd Reply

    Bonjour,

    J’ai essayé plusieurs fois de faire du tourisme au Congo.
    A Kinshasa je me suis promis de ne plus mettre les pieds au marché de la gare centrale. La dernière fois que j’y suis allée, accompagnée d’un couple d’amis venant de Brazzaville pour le week end, je me suis fait carement agressée car je n’achetais pas. J’ai répondu que je n’étais pas là pour acheter que j’étais venue sans argent et que je leur amenais mes amis donc que déjà c’était bien. réponse « non mais toi aussi tu dois acheter! tu ne peux pas venir comme ça sans rien acheter » et puis c’est devenue vraiment agressif/insultant.

    Il a fallu que j’attende d’aller au Niger pour profiter d’un marché artisanal africain. Là les vendeurs sont aimables. Ils sont commercants sans pour autant être insultant et agressif. Et pourtant les nigeriens sont loin de rouler sur l’or, et les touristes se font rare là bas avec les problèmes dans le nord.

    A l’intérieur du COngo je suis allée à Kisantu en 2002 et on a pris un hotel je crois à Mbanza Ngungu. Enfin c’était l’hotel le plus proche du jardin botanique, je ne sais plus dans quelle ville. C’était simplement dégueulasse. Je demande pas un 3 étoiles mais y’a un minimum. Par exemple mettre de l’eau dans les chambres quand y’a pas d’eau courante… on a fini par avoir une bassine d’eau et là fallait vraiment avoir du courage pour mettre les pieds dans la salle de bain.

    Bref, je sais que les temps sont difficile mais il y a aussi façon et façon d’accueillir les clients..

    Merci pour le post Joy!

    Hélène

    ps: ah oui aussi, le problème des prix. avec la monuc les prix étaient devenus incroyables. Or tout le monde n’a pas le salaire d’un fonctionnaire onusien!!

  6. lionel Reply

    J’ai visité ce marché et j’y ai fait quelques achats. On m’a plutot bien acceuilli et les vendeurs étaient sympa (meme si les négociations étaient plus animées). Je suis français, j’étais accompagné de ma fiancée, mon beau frère, ma belle soeur…

    Réponse à kgjerstad :
    Je suis blanc et j’encourage tous les blanc à se rendre en RDC car j’ai été très bien acceuili par la population. Le Congo n’est pas réservé aux baroudeurs mais à tout ceux qui veulent vivre une vraie « aventure humaine » et non pas un voyage de tour opérator.

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