Père Noël sous les tropiques

Pour la première fois, j’ai vécu un Noël tranquille à Kinshasa. Pas de guirlandes dans les rues, aucune décoration, pas de musique, bref rien. Les habitants de ma ville natale semblent fatigués et rompent avec l’habitude de se dépasser pour célébrer avec faste la nativité. Dans mon quartier, la SNEL a eu la magnifique idée de nous priver d’électricité. Décidés à faire la fête malgré tout chez moi, nous avons donc renoué avec notre bonne vielle méthode de cuisson des aliments au feu de bois. Pour la musique, mon voisin a utilisé la radio de sa voiture.

Je me souviens des années de mon enfance où les parents étaient obligés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants et de leur offrir des cadeaux pour Noël. En ce qui concerne la bouffe, le 25 décembre, c’était l’occasion de changer les habitudes culinaires et d’offrir des plats spéciaux à la famille. Les choses se passent différemment aujourd’hui. La pauvreté qui touche la majorité des foyers congolais change les habitudes. Ce qui me surprend c’est que les congolais, ne se plaignent toujours pas.

Tendant l’oreille autour de moi, je n’ai entendu que quelques murmures : « c’est la crise, pas d’ambiance festive cette fois-ci mais Dieu aidant, ça ira peut-être mieux l’an prochain… »

Je ne vais pas faire la mauvaise langue pour prédire ce qui va se passer dans une année mais j’espère juste que la date du 25 décembre restera chômée.

This article has 10 comments

  1. simon kwete Reply

    Cédric K., c’est vrai, mais notre pays est dans cette situation avant la crise finacière mondiale. Bousculons les choses pour que les Congolais soient les premiers investisseurs chez lui. Le problème de courant persiste et sans explication ou du moins avec des raisons qui n’arrivent pas à convaincre l’opinion. Or c’est un handicape au dévéloppement, le manque de courant.

  2. gangoueus Reply

    Sur ta photo, le père Noël est au régime. Elle exprime parfaitement ton commentaire…

    Bonne fête à toi et l’équipe de lékis.

  3. Pingback: Global Voices Online » A “Gloomy” Christmas in Kinshasa

  4. bonobette Reply

    Trés bon Noël à toute l’équipe des lekis qui ne chôment pas pendant les congés de fin d’année!
    Merci pour ces photos toutes fraîches de kinshasa que vous partagez avec nous!

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  6. simon kwete Reply

    Gangoueus, « le père Noël est au régime. » Y a-t-il un format type pour un père Noël? Au moins ces enfants qui semblent croire qu’il existe, ont un peu de chance mais les autres ne savent même pas l’histoire d’un père Noël.
    Bonne fête à tous les ba leki.

  7. Phil Reply

    Eh bien tant mieux, que les frères ne fêtent pas Noël qui en plus est une fête venant de pratiques paiënnes…vous remarquerez que les apôtres et autres fidèles continuateurs de l’oeuvre de notre seigneur Jesus Christ ne fêtaient pas Noël.

  8. tongo etani Reply

    Bon retour Cédric, j’espères prochainement te voir en France, fais-moi signe, tu connais mon adresse mail.

    la misère lanscinante vient de notre cupidité, incompétence et surtout de la corruption exponentielle

    Nous devons instaurer une vraie démocratie et lutter farouchement contre la corruption. 🙁 🙁 🙁

    Prof. tongo etani

  9. magloire Reply

    Triste Noël pour Kinshasa, Triste noël pour le Congo, Triste Noël pour l’Afrique. Mais que veux-tu Cédric, avec l’Evangile du miracle et de la prospéroté diffusée le long de la journée par les média et le fameux Nzambe akosala (Dieu pourvoira), qui va se révolter?

  10. Boyel Reply

    Cher Cédric, vous êtes surpris que les congolais ne se plaignent toujours pas sur leur situation. C’est aussi le même constat que j’avais fait lors de mon dernier séjour à Kin (je vis à Bruxelles). La population est comme frappée d’apathie, comme si l’on a anesthésié sa volonté afin qu’elle ne puisse rien revendiquer. Il me semble que le peuple congolais en général ignore ses droits les plus élémentaires. Ils applaudissent quand les autorités réparent 200 mètres de route sur les milliers qui doivent l’être, considérant celà comme une grâce, une faveur, alors qu’il du devoir des autorités dans les pays sérieux d’offrir des services publics indispensables à la vie en commun dans la société. Chez nous les gens manquent même le minimum minimorum (eau potable, électricité, routes, le manger, les soins de santé…). Malgré tout celà ils ne revendiquent pas leur doits fondamentaux. Pourquoi? Il me semble que la réponse revêt un caractère pluridimentionnel (sociologique, psychologique, économique, juridique, politique, anthropologique, culturelle, éducationnelle,…), mais je peux épingler quelques éléments sans être exhaustif. Je peux citer le niveau d’instruction. C’est avec l’éducation que l’on apprend que l’on a des droits et des obligations mais, voyez comment l’éducation est négligée dans notre pays. Les professeurs, les instituteurs de tout niveaux devraient être les personnes les plus importantes du pays… Pourquoi les gens sont apathiques? Il me semble aussi que l’on a réussit à ramener la population à un tel dégré de pauvreté et de fragilité que son premier soucis est sa survie quotidienne au point qu’il n’a pas la force, le temps, la volonté de revendiquer. Autre chose que j’ai remaqué c’est la grande résignation de la population. Comme les choses vont mal, on abandonne son sort à Dieu en pensant qu’il fera tout à sa place (à la place du peuple) (Nzambe akosala). A ce niveau, je dois souligner le rôle néfaste que jouent certains prédicateurs des églises dites de réveil qui suite à une mauvaise interprétation de certains versets bibliques, font passer une message de non revendication car le salut viendra du Seigneur. Je suis aussi chrétien mais je pense que l’on ne doit pas confondre des revendications légitimes et le manque de respect aux autorités. En effet, pour stoper toute tentative à une certaine revendication, ces pasteurs brandissent le vesrset qui dit que « toute autorité vient de Dieu » et aussi celui qui veut que nous ayons de la déférence et du respect pour les autorités. Ces versets que l’on brandit à une population très peu instruite, donc n’ayant pas une grande capacité d’analyse pour débusquer les vrais intérêts cachés (qui profitent à ces pasteurs car certains sont corrompus par le pouvoir), font que la population pense qu’elle commet un péché si elle revendique ses droits les plus élémentaires. Nous voyons aujourd’hui un noir élu président des USA. Les noirs aux USA ont lutté pour leur droits, certains au prix de leur vie. Des pasteurs et non des moindres à l’instar de Dr Martin Lutter King se sont levé et ont entraîné tout un peuple dans un mouvement de revendication. Si ces pasteurs avaient mal interprêté ce passage « tout autorité vient de Dieu », ils n’auraient pas conduit le peuple dans ce grand mouvement de revendication contre une autorité qui était injuste, criminelle et raciste. Les autorités dans un pays doivent aussi rendre des comptes au souverain primaire le peuple mais chez nous, ils (les autorités) s’efforcent à maintenir (avec la complicité des musiciens et des pasteurs) le peuple dans un état d’ignorance de son importance et de ses droits fondamentaux. Il faut donc vulgariser l’information et faire comprendre à ce peuple son importance, ses droits fondamentaux les plus élémentaires, l’aider à se lever pour qu’enfin, il se prenne en charge notamment en n’ayant pas peur de revendiquer tout haut ses droits, et aussi de demander des comptes à des autorités qui visiblement ne font rien ou presque pour le peuple alors qu’ils s’enrichissent éhontément.

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