Des enfants jouant dans une rue de Kinshasa

Premier jour de formation de BA LEKI. C’est un lundi, j’ai la « lundiose ». Je me réveille un peu plus tard que mes petites nièces qui vivent avec moi chez mes parents. Elles sont dans la chambre voisine et discutent. Je n’ose pas les déranger, leur conversation m’intéresse…

Prescilia qui a 5 ans, est en première primaire, Christelle est en troisième primaire et elle a 7 ans. Elles sont en congés de Noël.

  • Prescilia: Christelle, pourquoi Mira nous demande de bien garder nos objets scolaires, on devra encore aller à l’école?
  • Christelle: bien sûr, nous avons quelques jours de vacances, nous retournerons ensuite à l’école
  • P: ah non, moi je n »irai plus à l’école…
  • C: mais pourquoi ? il faut étudier
  • P: et pourquoi on étudie?
  • C: euh, c’est pour obtenir un diplôme et puis travailler pour avoir beaucoup d’argent.
  • P: alors, tantine Nancy n’a pas étudié?
  • C: elle a étudié! Tu as oublié la fête pour son diplôme? Mémé (grand mère) a dit que tantine Nancy est devenue maître (avocate)
  • P: et pourquoi Mémé nous demande de prier pour que tantine Nancy obtienne un boulot?
  • C: moi je ne sais pas…
  • P: moi je vais directement prier pour avoir un boulot, au lieu d’aller à l’école.

Après avoir entendu cette conversation, j’ai voulu rassurer Prescilia en lui donnant mon exemple. Mais les petites connaissent plusieurs cas de chômeurs diplômés, je peux comprendre qu’elles se posent des questions.

Comme Prescilia, aujourd’hui plusieurs enfants de la RDC s’interrogent sur leur avenir dans ce pays, après les études. Les études ne sont plus une garantie de réussite en RDC. Aujourd’hui, si vous posez la question à un étudiant en médecine sur ses projets, la réponse est dans la plupart des cas : « j’irai travailler en Afrique du sud,  j’irai au Botswana, j’irai en Europe…»
C’est vrai, notre souhait est qu’ils mettent leur savoir-faire à la disposition de notre chère RDC. Mais qu’est ce que la RDC met à leur disposition? Devons nous tous recourir à la fuite des cerveaux ou espérer avoir une «chance» de réussir dans notre pays ?

This article has 4 comments

  1. Alex Engwete Reply

    « Mémé nous demande de prier pour que tantine Nancy obtienne un boulot. »
    C’est la conception erronée et antichrétienne de la prière que répandent les églises du réveil au Congo. Or, si l’entreprenariat capitaliste réussit dans les pays protestants (USA, Grande Bretagne, etc.), c’est parce qu’on y a une conception tout à fait opposée à celle de Prescilia : le travail, c’est la prière la plus précieuse qu’on puisse adresser à Dieu… On retrouve encore cette idée fausse de Prescilia dans l’exemple de l’attitude de l’étudiant en médecine hypothétique que tu donnes. Au lieu d’ouvrir une clinique privée à Kinshasa qui lui assurera une indépendance économique tout en aidant ses compatriotes, il préfère aller travailler comme un sous-fifre à l’étranger ! Cette attitude s’enchâsse à son tour dans l’attitude plus générale de carence patriotique tant chez les politiciens que chez le citoyen ordinaire… Que nos dirigeants et nos compatriotes relisent donc la Bible attentivement : le peuple judaïque était très patriotique et n’hésitait pas à verser son sang et celui de ses ennemis pour la défense (ou la conquête) de son territoire… Toute autre interprétation biblique est satanique !

  2. Musengeshi Katata Reply

    En mon sens, se poser la question en se demandant si on doit prier ou si on doit étudier est déjà une profonde déviation ou une contradiction en soi. Mais je comprends la manière dont ce problème a été posé et répond cependant: d’une part, il s´agit d’acquérir la connaissance et de l’autre d’exercer ou d’approfondir sa foi. De l’une, il s’agit d’agrandir sa rationalité, de l’autre sa croyance. Et malgré tout, il faut démêler l’un et l’autre. Car ils n’ont rien de commun à part qu’ils s´adressent ou appartiennent au même individu. Et l’un grandit en nous, et plus l’autre se dissout.

    L´afrique a besoin de connaisseurs et de dialecticiens de la connaissance plus qu´elle n´a besoin de marchand de la foi. Ce qu´elle doit retrouver, c´est la confiance en soi, en son histoire et en ses cultures. La foi, nous l´avons toujours eue. Ce qui nous manque aujourd´hui, ce sont des chercheurs et les innovateurs scientifiques créatifs et motivés qui nous permettraient de réaliser effectivement notre liberté et notre indépendance économique et culturelle.

    Musengeshi Katata
    « Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu »
    Forum Réalisance

  3. simon kwete Reply

    Les politiques doivent faire un effort de ne pas toujours décourager les populations. Quand tout le monde se dit qu’il faut quitter le pays après les études pour chercher mieux ailleurs c’est un signe de déception. Qu’est ce qu’il faut faire?

    Toutes les provinces doivent montaient un bureau de liaison au gouvernaurat, justement pour aider les investisseurs à avoir les documents administratifs, le plus rapidement possible et dans moins de trente jours. Une fois ce délais dépassé d’une semaine, l’homme d’affaire est dans le droit de commencer ses activités sans la totalité des autorisations. Cette méthode de travailler va réduire de moitié la corruption qui est le plus grand énnemi du dévéloppement dans nos pays qui se cherchent encore.

    La prière est une bonne chose, mais quand elle pousse l’homme à oublier l’essentiel de la vie, elle devient une drogue et il faut la combattre. Tous les pasteurs chez nous roulent carosse alors que leurs fidèles croupissent dans la misère totale.
    Tous ont des chaines des télévisions, des radios, des voitures, des maisons à leurs noms et non au nom de l’Eglise.
    Pour ceux qui ont des terrains où l’Eglise est implantée, les papiers sont au nom du pasteur. Quelle escroquérie? Quelle contradiction? Les Evangéliques sont des véritables boutiques. Chaque prières sur une personne a son prix, son tarif. Ils savent que les populations ont des salaires misérables. C’est grâve ça.

    IL faut travailler dans la vie pour réussir, il n’y a pas d’autres solutions, toujours travailler, et encore travailler et en fin travailler.

  4. simon kwete Reply

    Quel jour nos autorités ouvriront les yeux? Dans le même tempo que Tongo etani, le rwanda s’octroie le privilège d’extraire le gaz se trouvant dans le lac kivu, sans toute fois démander l’avis du gouvernement Congolais et nous laissons faire.
    Les Anglais qui s’activent, et qui ont des puissantes machines pour ce travail donnent une partie au gouvernement du rwanda, pour faire fonctionner leur barrage qui se trouve à Gisenyi. Ainsi, le rwanda est éclairé jusque dans les villages par le Gaz du Congo et le Congo reste dans le noir.
    J’aurais appris que c’est dans le cadre de la CPGL et que le Congo n’avait pas donner sa part pour financer cette opération, la part du rwanda était donné par le gouvernement Anglais dirigé par GORDON BROWN. Donc il y a du travail dans notre pays, sachions tout simplement gérer durablement et écologiquement nos réssources, les générations futures ne se metront plus totalement à la prière pour trouver du boulot.

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